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ÉCURER, verbe trans.
Vieilli. Curer complètement, nettoyer à fond. Il faut écurer ces chaudrons, ces poëlons, ces chenêts (Ac. 1835-1932). (Quasi-)synon. curer, récurer; anton. salir.Les magistrats de Rotterdam faisaient écurer tous les samedis la statue de leur grand homme [Erasme] (Nerval, Les Fêtes de Hollande,1852, p. 283).Et, rasé tous les matins, écurant ses ongles avec plus de soin (Maupass., Contes et nouv.,t. 1, En fam., 1881, p. 340):
C'est ainsi qu'on apprend (...) que telle autre sœur (Anne-Eugénie Arnaud), qui avait été fort brave dans le monde, écura un moment les poêles et chaudrons du monastère; ... Sainte-Beuve, Port-Royal,t. 3, 1848, p. 255.
Emploi abs. Suzanne écure et récure, à force! jamais elle n'a plus travaillé (Flaub., Corresp.,1880, p. 12).
Spéc. Écurer des cardes, des chardons. Les nettoyer de la bourre dont ils se chargent lors du peignage des draps.
Rem. On rencontre ds la docum. écuré, ée, en emploi adj. Où dans une ombre chaude, piquées de paillettes lumineuses, étincellent des batteries de cuisine bien écurées (Gautier, Guide Louvre, 1872, p. 135).
Prononc. et Orth. : [ekyʀe], (j') écure [eky:ʀ]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. Ca 1223 « épurer (la langue) » (Gautier de Coincy, Mir. Vierge, I, Pr. 1, 326, éd. F. Kœnig, t. 1, p. 19); 1remoitié xiiies. l'ordure escurer (Renclus de Molliens, Miserere, 158, 11 ds T.-L.); 1864 [les chardons] (Littré). Dér. de curer*; préf. é-*.
DÉR. 1.
Écurage, subst. masc.Action d'écurer. En partic., métall. Action de nettoyer la tôle destinée au fer blanc. Attesté notamment ds Ac. 1932, Littré, DG, Rob. et Lar. Lang. fr. [ekyʀa:ʒ]. Ds Ac. 1932. 1reattest. 1611 (Cotgr.); de écurer, suff. -age*.
2.
Écurement, subst. masc.,rare. Fossé tracé dans un champ pour favoriser l'écoulement des eaux. Synon. usuel drain.Attesté notamment ds Littré, DG, Rob., Lar. Lang. fr. [ekyʀmɑ ̃]. 1resattest. xiiies. escouerement dez fosses (Traité d'économie rurale du XIIIes. [c. 19, Lacour] ds Gdf. Compl.); av. 1468 au fig. des escuremens contre la dure pierre [en parlant du duc Philippe comparé à un fer] (G. Chastellain, Avertissement au duc Charles, éd. Kervyn de Lettenhove, VII, 309); du rad. de écurer, suff. -(e)ment1*.
3.
Écureur, euse, subst.,vx. ,,Personne qui écure la vaisselle et la batterie de cuisine`` (Ac. 1835-1878). En partic. Personne qui écure les cardes, les chardons après le peignage des draps. Attesté notamment ds Littré, DG, Lar. Lang. fr. [ekyʀ œ:ʀ], fém. [-ø:z]. Ds Ac. 1718-1762 au fém. Ds Ac. 1798-1878 au fém. et au masc. 1resattest. 1260 qui des obscurs est escuriere « qui éclaire, purifie » (Rutebeuf, Le Sacristain et la femme au chevalier ds Œuvres, éd. E. Faral et J. Bastin, II, p. 220, v. 203); 1611 celui « qui nettoie » (Cotgr.); du rad. de écurer, suff. -eur2*.
BBG. − Gottsch. Redens. 1930, p. 226.