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ÉBOULEMENT, subst. masc.
A.− Chute de ce qui s'éboule. J'ai eu un fils − mineur aussi − et mort dans un éboulement (Camus, Révolte Asturies,1936, p. 436):
1. Au printemps, quand l'argile gelée des profondeurs devient fluente, des masses entières glissent dans la vallée, quelquefois à la vitesse de plusieurs mètres par jour, quand il ne s'agit pas d'éboulements soudains. Abellio, Pacifiques,1946, p. 218.
SYNT. Éboulement de boue, de terre, de sable; éboulement d'un talus, d'un mur; danger, menace d'éboulement; craindre, prévenir un éboulement.
P. métaph. Synon. de écroulement*.Donc cette nuit-là que l'empire se lézarde, où pesante est l'absence de quelques feux sur les montagnes, car la nuit peut gagner de les éteindre l'un après l'autre, ce qui est éboulement de l'empire, lequel éboulement menacera jusqu'au goût du repas du soir et jusqu'au sens du baiser que donne la mère à l'enfant (Saint-Exup., Citad.,1944, p. 712).
B.− P. méton. Amas de matériaux éboulés. Ce chemin, en lacets, à flanc de mont, tourne, tantôt à pic sur le gouffre, tantôt remblayé par des éboulements herbeux (Pesquidoux, Livre raison,1925, p. 180):
2. ... un éboulement qui bouchait une voie de la veine Dix-Huit-Pouces. On attaqua les roches éboulées à la pioche et à la pelle. Zola, Germinal,1885, p. 1535.
P. métaph. Il y avait là (...) sur le trottoir même, un éboulement de marchandises à bon marché (Zola, Bonh. dames,1883, p. 3).
Prononc. et Orth. : [ebulmɑ ̃]. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1547 « action de s'ébouler » esboulement de terre (J. Martin, Vitruve, VI, 11 ds Gdf. Compl.); 1796 « ensemble de choses éboulées » (Dusaulx, Voy. Barège, t. 2, p. 175). Dér. du rad. de ébouler*; suff. -(e)ment1*. Fréq. abs. littér. : 195. Bbg. Gohin 1903, p. 343.