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DOLORISME, subst. masc.
A.− Goût ou étalage de la douleur; complaisance à la douleur. La spiritualité orthodoxe ignore les stigmates, tout dolorisme lui demeure étranger (Philos., Relig., 1957, p. 5202):
... le dolorisme a beau se délecter dans les tortures, il reste dérisoirement prisonnier de l'hédonisme, et le même problème se reforme sans cesse après la substitution; ... Jankélévitch, L'Austérité et la vie morale,Paris, Flammarion, 1956, p. 241.
B.− HIST. LITTÉR. Doctrine qui a donné naissance à un mouvement littéraire qui exalte la douleur en lui attribuant une haute valeur morale, un rôle transformateur et générateur d'activité créatrice. Manifeste du dolorisme de J. Teppe, 1935.
Rem. On rencontre ds la docum. doloriste a) Subst. Celui, celle qui se complaît dans la (sa) douleur, qui y trouve plaisir et justification. Le plaisir du doloriste, c'est la douleur propre, dont il fait un objet de délectation spécial; sa jouissance est dans la souffrance comme celle du voluptueux est dans la volupté (Jankél., Traité des vertus, Paris, Bordas, La Haye, Mouton, 1968, t. 1, p. 43). b) Adj. Qui est propre au dolorisme (sens B). Le chiasme doloriste des modernes, qui est l'interversion du plaisir et de la douleur (Id., op. cit., 1956, p. 237).
Prononc. : [dɔlɔ ʀism̥]. Étymol. et Hist. 1919, 6 mars (Le Temps, p. 3). Dér. sav. du lat. class. dolor, v. douleur, suff. -isme*. Fréq. abs. littér. : 1. Bbg. Dub. Dér. 1962, p. 36.