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DIVERSION, subst. fém.
A.− TECHN. MILIT. Opération stratégique consistant à détourner l'ennemi du point qu'il occupe en le poussant à déplacer ses troupes vers un autre front de défense. Front de diversion; opérer une diversion. La campagne d'Italie était, pour les Américains, une diversion qui ne devait pas amenuiser l'action principale (De Gaulle, Mém. guerre,1956, p. 257):
1. Nous prenions toute précaution afin de ne pas être, dans ces régions, à la merci d'attaques partielles que l'ennemi pourrait tenter en manière de diversion, en transportant en Lorraine et dans les Vosges des divisions françaises à reconstituer et des divisions américaines venues de l'armée britannique; ... Foch, Mémoires,t. 2, 1929.
B.− P. ext.
1. Souvent péj. Action de détourner quelqu'un ou quelque chose de son occupation première et généralement principale.
En partic. Faire, opérer une diversion. Détourner la conversation pour éluder le sujet en discussion. Il essaie (...) de faire diversion pour ne pas entrer dans la voie des aveux (Aragon, Beaux Quart.,1936, p. 256).
2. Non péj. Événement qui, par sa survenance dans la vie d'un individu l'amène à détourner son attention de ses soucis ou préoccupations. L'arrivée de Christophe fit diversion (Rolland, J.-Chr.,Aube, 1904, p. 35):
2. Nous nous entretiendrons aussi de littérature, car c'est la seule chose, après l'amitié, qui puisse faire une agréable diversion aux tracas et aux ennuis de la vie; c'est la seule chose qui puisse nous consoler de nos malheurs et rendre la vigueur à notre âme abattue. M. de Guérin, Correspondance,1828, p. 21.
P. méton. Personne(s) qui occasionne(nt) une agréable diversion :
3. C'était la société et les entretiens avec un autre solitaire aussi sensible, plus âgé et plus malheureux que moi. Cette société était la seule diversion que j'eusse quelquefois à mon isolement. Lamartine, Les Confidences,1849, p. 341.
Prononc. et Orth. : [divε ʀsjɔ ̃]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1314 « action de détourner (au propre) » (H. de Mondeville, Chirurgie, 757 ds T.-L. : saigniee ... faite pour la diversion des humours); 1587 milit. faire diversion (Lanoue, 440 ds Littré); 1588 fig. (Montaigne, Essais, éd. Thibaudet, livre 3, chap. IV). Empr. au b. lat.diversio, -ionis « diversion, digression ». Fréq. abs. littér. : 430. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 842, b) 357; xxes. : a) 572, b) 574. Bbg. Gohin 1903, p. 334.