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DIMINUTIF, IVE, adj. et subst. masc.
A.− Vieilli. (Chose ou personne) qui ressemble à une autre en plus petit.
1. Emploi adj. Les chatteries des sœurs, surtout des sœurs aînées, espèce de mères diminutives, transforment (...) en la pétrissant, la pâte masculine (Baudel., Paradis artif.,1860, p. 444).
2. Emploi subst. masc. (Quasi-)synon. miniature, réduction.[Talleyrand] un diminutif de Mazarin, moins l'étendue et la toute-puissance (Sainte-Beuve, Nouv. lundis,t. 12, 1863-69, p. 47).La famille composée de six têtes habite une annexe, diminutif du second bâtiment. Réduction sur réduction (Amiel, Journal,1866, p. 401):
La véritable maison française des champs est restée le diminutif du château de plaisance français inauguré au xviesiècle, comme le cottage anglais est le diminutif du manoir anglais du Moyen Âge... Viollet-Le-Duc, Entretiens sur l'archit.,1872, p. 356.
P. métaph. Être montré au doigt, c'est le diminutif de l'anathème (Hugo, Travaill. mer,1866, p. 120).
Loc. adv. En diminutif. En plus petit. Synon. en raccourci, en miniature.Je fis d'abord une sorte de stage (...) au milieu d'un petit parlement (...) où se reproduisait en diminutif une partie des débats qui agitaient alors l'Europe (Fromentin, Dominique,1863, p. 284).
Loc. verb., rare. Mettre (qqc.) au diminutif. En donner une description détaillée, par le menu. Naturellement, la miniature est plus facile à dire qu'à faire et nous pourrons collectionner facilement des descriptions littéraires qui mettent le monde au diminutif. Parce que ces descriptions disent les choses en petit, elles sont automatiquement prolixes (Bachelard, Poét. espace,1957, p. 149).
B.− Usuel
1. GRAMMAIRE
a) Adj. [En parlant d'un suff.] Qui s'ajoute à la base lexicale d'un mot pour souligner la petitesse ou l'insuffisance de l'objet qu'il désigne. Terminaison diminutive (Ac.1835-1932).On ajoutait souvent un suffixe diminutif pour former le nom donné à un enfant : Thibaudot était un « petit Thibaut » (L'Hist. et ses méth.,1961, p. 711).
b) Adj. et subst. masc. ,,Mot ou élément de formation (d'ordinaire suffixe) qui convient à l'expression de la petitesse`` (Mar. Lex. 1951). Fillette, Femmelette, Amourette sont des expressions diminutives, sont des termes diminutifs des mots Fille, Femme et Amour (Ac.1798-1932).
2. P. anal., subst. masc. Prénom, souvent formé par dérivation à partir d'un prénom de base, à connotation affective ou familière. Le jour du départ de ma mère, je trouvai « Liset » (diminutif berrichon de « Louis ») tout en larmes (Sand, Hist. vie,t. 2, 1855, p. 432).Les saints dans les campagnes portent souvent leur nom avec tous ses diminutifs et tous ses augmentatifs (Hugo, Travaill. mer,1866p. 107).
Rare. Terme appellatif à valeur hypocoristique. Les mots « mon cœur, mon bijou, mon petit chou, ma reine », tous les diminutifs amoureux de l'an 1770 prenaient une grâce irrésistible dans sa bouche; enfin, il [le chevalier de Valois] avait le privilège des superlatifs (Balzac, Vieille fille,1836, p. 261).
Prononc. et Orth. : [diminytif], fém. [-i:v]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. Adj. xves. [ms.] « qui manque de quelque chose; où il manque quelque chose » membre superflu ne diminutif (Evr. de Conty, Probl. d'Arist., B.N. 210, fo204bds Gdf. Compl.); 2. 1595 « moindre, qui représente quelque chose en petit » (Montaigne, Essais, éd. A. Thibaudet, livre II, chap. 12, p. 598); 1637 subst. (Desc., Meteor., 7 ds Littré); 3. 1579 gramm. subst. (H. Estienne, De la precellence du langage françois, p. 94). Empr. au b. lat.diminutivus (altération de deminutivus) de mêmes sens. Fréq. abs. littér. : 56.