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DÉVERNIR, verbe trans.
A.− [Le suj. désigne une pers.] Enlever le vernis qui recouvre un objet (en particulier un tableau) à l'aide d'un dissolvant. Anton. vernir.Les restaurateurs, lorsqu'ils dévernissent un tableau, enlèvent presque toujours la pellicule supérieure du vermillon (Moreau-Vauthier, Peint.,1933, p. 189).
P. métaph. Faire perdre à quelqu'un l'apparence de culture :
C'est un type curieux et fin que ce Français. C'est un auditeur au Conseil d'État. Il a juste ce qu'il faut d'intelligence pour être un sot. Il est teinté de tout (...). Au bout d'une demi-heure, toutes ses superficies sont percées. Il est déverni. Une conversation distinguée de contredanse, rien au delà. Goncourt, Journal,1860, p. 799.
Rare, emploi intrans. [En parlant d'une pers.] Ne plus briller intellectuellement ou culturellement. Je peux bien m'user, mais je ne dévernis pas (Flaub., Corresp.,1845, p. 182).
B.− [Le suj. désigne un inanimé] Faire perdre son vernis à (quelque chose). L'humidité dévernit les meubles (Lar. 19e).
P. métaph. [Le compl. désigne une valeur mor. ou soc.] Déprécier, montrer sous un jour défavorable. Toutes les besognes nécessaires vues de trop près dans un ménage pauvre, lui dévernissaient le mariage, fanaient cette fleur de poésie qui séduit, de loin, les fiancés (Maupass., Contes et nouv.,t. 1, Hérit., 1884, p. 483).
P. anal. Enlever à quelque chose son aspect brillant. Une poussière fine avait déverni les buissons (Ramuz, A. Pache,1911, p. 48).
Prononc. et Orth. : [devε ʀni:ʀ], (je) dévernis [devε ʀni]. Ds Ac. 1932. Étymol. et Hist. 1653 desvernir (A. Oudin, Dict. fr.-ital. ds Gdf. Compl.). Dér. de vernir*; préf. dé-*. Fréq. abs. littér. : 2.