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DÉSENFLER, verbe.
A.− Emploi trans. Faire diminuer l'enflure et, p. ext., le volume de quelque chose. Un acte aussi absurde que de tirer sur un ballon quand il ne faut qu'un coup d'épingle pour le désenfler (Balzac, Chouans,1829, p. 249).Pour ces peuples ingénieux, le voyageur n'est qu'un sac d'écus qu'il s'agit de désenfler le plus vite possible (Hugo, Rhin,1842, p. 104).Nul ne sait mieux que lui saigner un cheval, désenfler d'un coup de trocart la bête bourrée de trèfle frais (Bernanos, M. Ouine,1943, p. 1376).
Au fig. Réduire l'importance. Ces chiffres allemands manquent de certitude. Selon que cela semble momentanément utile, les chancelleries auliques enflent ou désenflent le désastre (Hugo, Hist. crime,1877, p. 232).
B.− Emploi intrans. (avec l'auxiliaire avoir pour exprimer l'action, avec l'auxiliaire être pour exprimer le résultat de celle-ci) ou emploi pronom. à sens passif. Perdre son enflure, diminuer de volume. Son bras commence à désenfler (Ac.1835-1932).Ma fluxion est bien désenflée ce matin, et l'abcès diminue (Balzac, Corresp.,1819, p. 54).Une cornemuse qui se désenflait pleurnicha comme un marmot à qui perce une dent (Bertrand, Gaspard,1841, p. 153).
Rem. 1. On rencontre ds la docum. qq. emplois du part. passé adj. Quand mes pieds désenflés me permettront de continuer ma route (Ponson du Terr., Rocambole, t. 2, 1859, p. 17). Au fig. Quand Salvandy, après Hugo, a commencé de parler, lui, d'ordinaire si fastueux, a paru tout d'un coup désenflé et léger (Sainte-Beuve, Poisons, 1869, p. 45). 2. La plupart des dict. gén. du xixes. et Lar. 20e, Quillet 1965, enregistrent le subst. fém. désenflure. Diminution ou cessation d'enflure.
Prononc. et Orth. : [dezɑ ̃fle], (je) désenfle [dezɑ ̃:fl̥]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. Fin xiies. part. passé desemflez (Guillaume de Berneville, La Vie de Saint Gilles, éd. G. Paris et A. Bos, 450). Dér. de enfler*; p réf. dé(s)-*. Fréq. abs. littér. : 8 (désenflé : 5).