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DÉPOSSESSION, subst. fém.
[Le compl. prép. de exprime l'être dépouillé] Action de déposséder; résultat de cette action.
A.− Action de dépouiller d'un bien matériel. L'Afrique du Sud ne se prêterait à aucune dépossession de la France à Madagascar (De Gaulle, Mém. guerre,1956, p. 17):
La Révolution est l'histoire de la dépossession d'une classe par une autre. Beaucoup de choses ont péri, au cours de ce transfert de pouvoir, les unes détestables, les autres excellentes. Barrès, Mes cahiers,t. 10, 1914, p. 251.
B.− Littér. Action de dépouiller d'un bien humain, physique ou moral; résultat de cette action. « Pourquoi l'ai-je frappé? » Une violence si subite, une si extraordinaire dépossession de soi (...) demeurait forcément inexplicable (Bernanos, Imposture,1927, p. 359).
Emploi abs. La mort représente une totale dépossession (Sartre, Être,1943, p. 628).
En partic., domaine relig. Il accepterait librement, joyeusement cette dépossession de lui-même (...) avec la pleine allégresse de sentir que Jésus vivait en lui (Bremond, Hist. sent. relig.,t. 3, 1921, p. 453).Toute l'éthique chrétienne de la dépossession, l'éthique panthéiste et spinoziste de la fusion en Dieu (Mounier, Traité caract.,1946, p. 691).
Rem. Certains dict. attestent l'emploi de dépossession en psych. au sens de : a) « perte du contrôle de sa propre personnalité » (Syndrome de) dépossession (cf. Lar. 20eSuppl.-Lar. Lang. fr., Porot 1960, Moor 1966, March. 1970, Quillet Suppl. 1971). b) « impression d'être dépossédé de ses biens » (Délire de) dépossession (cf. Lar. 20eSuppl.-Lar. encyclop., Porot 1960, Piéron 1963, Moor 1966, March. 1970, Quillet Suppl. 1971).
Prononc. et Orth. : [depɔsεsjɔ ̃] ou par harmonis. vocalique (cf. Pt Rob.) : [depɔsesjɔ ̃]. Le mot est admis ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1690 (Fur.). Dér. de possession*; préf. dé-*; Fréq. abs. littér. : 29.