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DÉPERDITION, subst. fém.
A.− Perte, diminution progressive (de quelque chose).
1. De matière. Déperdition de sel. Au moment de la transmutation radioactive, il se produit une légère déperdition de masse du noyau (Goldschmidt, Avent. atom.,1962, p. 17).
2. D'énergie. Une substance isolante empêchant la déperdition de chaleur (Lar. mén.1926, p. 471).
P. anal. Déperdition des forces (physiques ou morales). Besoin physique de m'étendre, le cœur battant, croyant que j'ai la fièvre. Sentiment de déperdition nerveuse (Montherl., Démon bien,1937, p. 1339):
1. ... il avait obscurément conscience d'une déperdition inouïe de ses forces, d'une dissipation de sa vie. Sitôt sur la pente, la volonté s'abandonna, l'être fléchit tout d'une pièce. Bernanos, L'Imposture,1927, p. 369.
P. métaph. :
2. ... ce que vous nommez l'expérience, votre expérience, dit Dieu, moi je le nomme la déperdition, la diminution, le décroissement, la perte de l'espérance... Péguy, Le Mystère des Saints Innocents,1912, p. 184.
B.− P. ext. Perte, gaspillage. Quelle déperdition dans le pollen des fleurs! À peine un millionième passe dans la valvule fécondante et vit (Renan, Dial. philos.,1876, p. 71).
Rem. On rencontre ds la docum. le verbe trans. déperdre. Perdre peu à peu. Je ne suis qu'un crible tournant qui laisse déperdre tout ce qu'il a reçu (Amiel, Journal, 1866, p. 494). Emploi pronom. On ne gagne rien à une extrémité de son être sans se déperdre à l'autre (Ramuz, A. Pache, 1911, p. 170).
Prononc. et Orth. : [depε ʀdisjɔ ̃]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. 1314 méd. « destruction » deperdition de substance (H. de Mondeville, Chirurgie, éd. A. Bos, 688); 2. 1797 phys. « affaiblissement, perte lente » (Voy. La Pérouse, t. 1, p. 214 : déperdition d'humidité). Dér., sur le modèle de perdition* de deperdre (lat. deperdere) attesté du xiies. (Ph. de Thaon, Comput, 2766 ds T.-L.) au xvies. (Hug.). Fréq. abs. littér. : 77. Bbg. Gohin 1903, p. 323. − Laurent (P.). Contribution à l'hist. du lex. fr. Romania. 1925, t. 51, pp. 32-45.