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DÉPENDRE1, verbe trans.
A.− Dépendre qqc.Détacher, enlever quelque chose qui était pendu ou suspendu. Dépendre un tableau; dépendre une enseigne (Ac.1835-1932).Déjà les croque-morts, dressant leurs échelles, commençaient à dépendre les tentures (Druon, Gdes fam.,t. 1, 1948, p. 106).
Au fig., fam., rare. Dépendre sa langue, se dépendre la langue. Parler beaucoup (au point de s'en décrocher la langue). La discrète matrone répondit (...) qu'elle avait toujours en plus de propension à se coudre la bouche qu'à se dépendre la langue (Feuillet, Bellah,1850, p. 172).Mais, souvent, il [papa] va chez Ruaux, qui dort peu et perd rarement une occasion de dépendre sa langue (H. Bazin, Huile sur feu,1954, p. 208).
Rem. On rencontre ds la docum. la loc. dépendre les oreilles. Elle parlait à tort et à travers, patati patata : c'était un chapelet de commérages à dépendre les oreilles (Feuillet, Scènes et com., 1854, p. 11).
Emploi pronom., au fig. Se détacher. Mon oncle ne me parlait ni de Xavière, ni de Benoîte (...) dont mon esprit obsédé n'arrivait pas à se dépendre (Fabre, Xavière,1890, p. 76).
B.− Dépendre qqn.Détacher quelqu'un qui était pendu. Quand on le dépendit il était déjà raide (Ac.1835-1932) :
... des étudiants de Vienne qui voulaient connaître les sensations de l'agonie sans passer de vie à trépas (...) se sont pendus, et on les a dépendus au moment où la colonne vertébrale allait se briser. Green, Journal,1932, p. 95.
Rem. On rencontre ds la docum. le part. passé substantivé dépendu. Les voilà couchés là [ses enfants]; ils dorment, malgré le bruit, comme trois dépendus (Hugo, Han d'Isl., 1823, p. 154).
Prononc. et Orth. : [depɑ ̃:dʀ ̥], (je) dépends [depɑ ̃]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. Ca 1180 (Marie de France, Fables, 25, 7 ds T.-L.). Dér. de pendre*; préf. dé(s)-*, (lat. dis-); cf. lat. médiév. dependere « dépendre (de la potence) », ca 1200 ds Nierm.
DÉR.
Dépendeur, euse, subst.Celui, celle qui dépend ce qui est pendu. Attesté ds la plupart des dict. du xixes. ainsi que ds Lar. 20eet Rob.Au fig., pop. et péj. (Grand) dépendeur d'andouilles. [P. réf. au fait qu'il fallait être très grand pour décrocher les andouilles suspendues dans les boutiques des charcutiers] Homme de grande taille, mais sot, incapable ou paresseux. Il [Judet] exécrait Rochefort, lequel de son côté, le tenait pour « un grand abruti (...) un dépendeur d'andouilles et pas autre chose » (L. Daudet, Salons et journaux,1917, p. 86). [depɑ ̃dœ:ʀ], fém. [-ø:z]. 1reattest. 1remoitié xives. (J. de Condé, Dits et Contes, II, 241, 14 ds T.-L.); attest. isolée repris au xixes. 1840 dépendeur d'andouilles (Catéchisme poissard ds Larch. 1872, p. 117); du rad. de dépendre1, suff. -eur2*. Fréq. abs. littér. : 5.