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DÉGOBILLER, verbe.
A.− Pop. Vomir, rendre (des aliments, des boissons). Synon. pop. dégueuler.
1. Emploi trans., rare. Dégobiller son dîner (Ac.1798-1878).
P. anal. Anéanti Des Esseintes avait dégobillé du sang plein une cuvette (Huysmans, À rebours,1884, p. 68).J'en ai dégobillé des chopes, moi, du sang! (Van der Meersch, Invas. 14,1935, p. 346).
2. Emploi abs., usuel. La mer m'effraye fort en hiver et la perspective de passer 14 jours à dégobiller me fait préférer les boues et les froids de la Walachie et de la Hongrie (Mérimée, Lettres Grasset,1870, p. 127).
P. métaph.
a) [En parlant d'une pers.] Vilain, à en dégobiller dessus! (Zola, Terre,1887, p. 137).J'ai commencé hier le dernier chapitre. Mais ça m'ennuie démesurément. Je dégobille dessus, voilà (Flaub., Corresp.,1861, p. 459).
b) [En parlant d'une chose] Voilà que les gargouilles dégobillent, en chantant sous les trottoirs (Huysmans, À rebours,1884, p. 161):
Elle n'avait plus sur le derrière qu'une vieille robe de soie, toute poissée d'avoir essuyé les tables des caboulots, et dont les volants arrachés dégobillaient de partout. Zola, L'Assommoir,1877, p. 740.
B.− Au fig.
1. Déverser, débiter. Synon. déblatérer, dégoiser.Ils vous dégobillent leurs insultes les mieux choisies (Poulot, Sublime,1872, p. 73).Me voici, diras-tu bien enfoncé maintenant dans l'anglicisme, pour avoir débuté par dégobiller sur ce pays-ci tant de griefs (Verlaine, Corresp., t. 1, 1872, p. 83).
Arg. Dégueuler, dégoiser, dégobiller son boniment (Rigaud, Dict. jargon paris.,1878, p. 44).
2. Vomir quelque chose; le détester. Les mathématiques tu entends, je les exècre, je les dégobille (Arnoux, Algorithme,1948, p. 249).
Prononc. et Orth. : [degɔbije]. Ds Ac. 1694-1878. Étymol. et Hist. 1611 (Cotgr.). Dér. du rad. de gober*; préf. dé-*; suff. -iller*. Fréq. abs. littér. : 14. Bbg. Sain. Lang. par. 1920, p. 330. − Sain. Sources t. 1 1972 [1925], p. 151.