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DÉCRÉPIT, ITE, adj.
A.− [En parlant d'une pers.; d'une partie du corps] Dont l'âge a fortement altéré la vigueur physique et même parfois les forces morales, intellectuelles. Un visage décrépit, où la vie semblait s'être retirée dans les yeux (Balzac, Rech. absolu,1834, p. 211).Comme des vieillards décrépits, ils aiment les choses sucrées (Claudel, Violaine,2eversion, 1901, p. 644).
Subst. Personne qui est physiquement dégradée par l'âge. Les laids et les beaux, les décrépits et les jeunes (Flaub., Tentation,1849, p. 326).
B.− P. anal. [En parlant d'inanimés concr.] Dont l'aspect extérieur est dégradé par le temps. Les vieux remparts décrépits (Erckm.-Chatr., Hist. paysan,t. 2, 1870, p. 30).
C.− P. métaph. [En parlant de valeurs abstr.] Ridicule des institutions vermoulues et des pensées décrépites (R. Rolland, J.-Chr.,Révolte, 1907, p. 417).
Rem. Décrépi, ie et décrépit, ite sont souvent confondus dans l'usage; à ce propos Dupré 1972 émet l'avis suivant : ,,Voici deux termes très différents qui n'ont entre eux qu'une lointaine analogie, mais qui sont rapprochés par « étymologie populaire ». Un mur décrépi a perdu son crépi : il est donc en mauvais état et évoque une idée d'abandon et de vieillesse. C'est le seul rapport avec décrépit, « qui est arrivé au terme de la vieillesse, qui a subi une altération profonde de la forme humaine ».``
Prononc. et Orth. : [dekʀepi], fém. [-it]. Ds Ac. 1694-1932. Homon. décrépi. Étymol. et Hist. 1. Ca 1192 decrespie « atteint par la déchéance physique » (Evrat, Gen. B.N. 12457, fol. 38 rods Gdf. Compl.); 1370 subst. (J. Lefèvre, Lamentations, I, 1109 ds T.-L.); 1580 « qui prend l'apparence de la décrépitude » (Montaigne, Essais, éd. Thibaudet, I, XX, p. 115 : regardant son maintien decrepite); 2. 1832 p. anal. « qui menace ruine » (Hugo, N.-D. Paris, p. 521 : distinguait confusément la façade de Notre-Dame, et l'Hôtel-Dieu décrépit). Empr. au lat. decrepitus; rapproché ultérieurement de crépir p. étymol. seconde. Fréq. abs. littér. : 90. Bbg. Ritter (E.). Les Quatre dict. fr. B. de l'Inst. nat. genevois. 1905, t. 36, p. 396.