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DÉPORTEMENT, subst. masc.
A.− Littér., gén. au plur. Écart dans la conduite, excès. Déportements de charité (Fabre, Courbezon,1862, p. 324).
En partic. Dérèglement des mœurs, mauvaise conduite. Déportements scandaleux (Ac.1798-1932).Synon. débordement*.Des femmes que leurs passions et leurs déportements ont rendues illustres : Médée, Didon, Phèdre (Larbaud, F. Marquez,1911, p. 66):
1. Nous n'avons jamais connu l'irréflexion des adolescents, leurs gambades ni leurs déportements. La vie toujours chez nous rencontra des obstacles. Barrès, Un Homme libre,1889, p. 48.
2. Je parviens encore à exprimer mes désordres, mes sottises, mes déportements. Mais le bonheur? Cela se peut-il raconter? Duhamel, Confession de minuit,1920, p. 193.
Par antiphrase :
3. ... elles allèrent toutes deux tenir compagnie au malheureux [Charles] : la charité chrétienne n'ordonnait-elle pas de le consoler? Ces deux femmes puisèrent dans la religion bon nombre de petits sophismes pour se justifier leurs déportements. Balzac, Eugénie Grandet,1834, p. 128.
Rem. On relève l'emploi sing. mentionné comme ,,vx`` par les dict. Il demeure chaste [Gozzi], ennemi du déportement et du libertinage (Léautaud, Théâtre M. Boissard, t. 2, 1919, p. 289).
B.− [En parlant d'un véhicule] Action de se déporter, de s'écarter de sa route. Le tri-porteur de Jeoire Patauchon, (...) s'abandonne à la pente d'une route, prend les virages à la corde, frôle impétueusement le dérapage, le déportement, la chute, le tête-à-queue (Arnoux, Solde,1958, p. 169).
Rem. Sens récent mentionné par Rob., Dub., Lar. Lang. fr.
Prononc. et Orth. : [depɔ ʀtəmɑ ̃]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. Ca 1260 « comportement » (Philippe de Novare, Quatre Ages, 29 ds T.-L.); 2. 1636 au plur. « conduite déréglée » (Monet). Dér. du rad. de déporter*; suff. -ment1*. Fréq. abs. littér. : 26. Bbg. Gohin 1903, p. 306.