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CRÉDITER, verbe trans.
A.− BANQUE et COMPTAB.
1. Créditer qqn
a) Porter au crédit du compte de quelqu'un une somme qu'on lui doit ou qu'il a reçue. Anton. débiter.Le conseil d'administration avait fait créditer chacun de ses membres de cent et quelques mille francs (Zola, Argent,1891p. 377).
b) Garantir à quelqu'un une somme sur le crédit d'un établissement public, d'une autorité. Cinq à six millions, n'est-ce pas? (...) et dont on l'a crédité sur Rome, Venise et Vienne (Dumas père, Monte-Cristo,t. 2, 1846, p. 726).
Rem. Un emploi subst. du part. passé : le crédité. Celui qui bénéficie d'un crédit (cf. Proudhon, Syst. contrad. écon., t. 2, 1846, p. 91).
2. Créditer un compte. Porter une somme au crédit de ce compte :
1. Le même phénomène se produit quand la Banque centrale finance un déficit du Trésor public soit par avances directes, soit par achat d'effets publics émis sur le marché monétaire. En effet, la Banque centrale crédite dans ce cas les comptes des banques ayant dans leur clientèle les créanciers du Trésor. Les banques, à leur tour, créditent leurs clients. Ici encore elles voient donc s'accroître du même montant leurs dépôts et leurs avoirs à la Banque centrale. L'Univers écon. et soc.,1960, p. 2816.
B.− Au fig., fam. Reconnaître quelque chose de favorable à quelqu'un :
2. [Trielle à sa femme.] − (...) Voilà, je te le répète, cinq années que ma bonne volonté crédite ta mauvaise grâce (...). Peines perdues. Courteline, Vie de ménage,Paix chez soi, II, p. 30.
Spéc., SP. Reconnaître qu'un sportif a réalisé telle performance. Ce coureur a été crédité d'un excellent temps (Lar. Lang. fr.).
Rem. Attesté également ds Dub.
Prononc. et Orth. : [kʀedite], (je) crédite [kʀedit]. Ds Ac. 1798-1932. Étymol. et Hist. 1671 « inscrire une somme au crédit du compte de quelqu'un » (Us et coutumes de la mer, 14 d'apr. Delboulle ds R. Hist. litt. Fr., t. 8, p. 500). Dér. de crédit*; dés. -er. Fréq. abs. littér. : 10.