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COUARD, ARDE, adj. et subst.
A.− Emploi adj., vieilli ou littér. Qui manque de courage. Synon. lâche, peureux, pusillanime.
1. [En parlant d'un être animé] Être couard devant l'ennemi. ... comme font les chiens couards qui n'osent sauter à la figure (Sand, Maîtres sonneurs,1853, p. 246).Le Parlement couard s'était mis à genoux (Clemenceau, Iniquité,1899, p. 241):
Ils auraient été méchants, s'ils n'eussent été couards; on voyait qu'ils avaient envie de vous déchirer, mais ils retiraient leurs griffes dans leur peur comme dans une gaine. Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe,t. 3, 1848, p. 207.
2. [En parlant d'une action ou d'une entité abstr.] Rare et littér. La réponse est prudente et même couarde (Goncourt, Journal,1890, p. 1289).Au théâtre, souvent, j'emmène mon amie, dans la couarde certitude qu'elle ne me trompera pas pendant ce temps-là (Colette, Cl. ménage,1902, p. 223).
B.− Emploi subst. Personne qui manque de courage. Oh! La terreur de mon livre chez les peureux, chez les couards, chez les ménageurs de la chèvre et du chou! (Goncourt, Journal,1890, p. 1246).Ah! Tu trembles, vieux couard! (Milosz, Amour. initiation,1910, p. 150).
Prononc. et Orth. : [kwa:ʀ], fém. [-aʀd]. Ac. 1694 enregistre : quouard avec la rem. : ,,on escrit coüard``. Ac. 1718-1932 donne la forme moderne. Étymol. et Hist. Ca 1100 cuard (Roland, éd. J. Bédier, 888). Dér. avec suff. -ard* de cüe, cöe, coue, formes anciennes de queue*, littéralement « qui porte la queue basse ». Fréq. abs. littér. : 43.
DÉR. 1.
Couardement, adv.,littér. et rare. De manière couarde. Le vœu, couardement consenti avec cette légère et bizarre ivresse (Arnoux, Double chance,1958, p. 189). Dernière transcr. ds DG : kwàr-de-man. 1reattest. ca 1209 coairdement ([Raoul de Ferrières], Ms Berne 389 ds Arch. St. n. Spr., t. 42, p. 298, § CLXV), début xiiies. cuardement (Chardry, Set dormans, 1031 ds Gdf. Compl., s.v. coardement); de couard, suff. -ment2*.
2.
Couarder, verbe intrans.,littér. et rare. Agir en couard. Avec le renard, on renarde, avec le couard, on couarde. Se couarder. Devenir lâche. Le cœur se couarde dans le ventre dès qu'on émet le moindre doute sur sa vocation (Arnoux, Rhône,1944, p. 143). Seule transcr. ds Littré : kou-ar-dé. 1reattest. ca 1100 « être couard, agir en couard » ici pronom. (Roland, éd. J. Bédier, 1107) − 1611 (Cotgr.), à nouv. dep. Ac. Compl. 1842; de couard, dés. -er.
BBG. − Spitzer (L.). Cobarde. Homenaje A.M. Huntington. Wellesley, mars. 1952, pp. 571-574.