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COLOQUINTE, subst. fém.
BOTANIQUE
A.− Plante grimpante de la famille des Cucurbitacées, originaire de la Méditerranée orientale et dont le nom savant est Citrullus colocynthis. Les vignes sauvages, les bignonias, les coloquintes s'entrelacent au pied de ces arbres (Chateaubriand, Génie du Christianisme,t. 3, 1803, p. 175).
B.− P. méton.
1. Le fruit de cette plante, de la taille d'une orange et de coloris variés, utilisé parfois comme élément décoratif. Ça, une petite jardinière à suspension, fabriquée d'une coloquinte excentrique (E. et J. de Goncourt, La Maison d'un artiste,1881, p. 4).
Pop., vieilli. Tête. Emboîte ta coloquinte là-dedans. − Eh bien! Après? Dis-je en essayant le chapeau (Reybaud, Jérôme Paturot,1842, p. 166).Expr. Coloquinte (avoir une araignée dans la), v. Avoir le cerveau fêlé (E. Boutmy, Les Typogr. parisiens,1874, p. 37).
2. La pulpe du fruit, blanche, de saveur très amère, utilisé comme purgatif drastique surtout en art vétérinaire. Deux boîtes de pilules (...) formées (...) de mie de pain et de coloquinte (Stendhal, Lamiel,1842, p. 61).
Loc. Amer comme coloquinte (C.-M. Gattel, Nouv. dict. portatif de la lang. fr.,1797).
P. métaph. [P. réf. à l'amertume de la coloquinte] :
Ce bizarre bonhomme [Brunetière] hérissé, et dont la vie fut une perpétuelle coloquinte, sut mourir admirablement, héroïquement. L. Daudet, L'Entre-deux guerres,1915, p. 214.
Rem. La plupart des dict. gén. enregistrent le subst. fém. coloquinelle. Variété de courge du genre Pepo. Synon. fausse coloquinte.
Prononc. et Orth. : [kɔlɔkε ̃:t]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. Fin xiiie-début xives. colloquintide (Antidotaire Nicolas, éd. P. Dorveaux, p. 24, 35 et 36); 1314 id. (trad. Henri de Mondeville, Chirurgie, éd. A. Bos, § 1864); 1372 coloquinte et colloquinte (Corbichon, Propriét. des choses [éd. 1522], XVII, 60 et XVIII, 87 d'apr. Delboulle ds R. Hist. litt. Fr., t. 6, p. 461); 2. 1809 p. anal. de forme « tête » (Médit. d'un hussard, XXXII d'apr. Esnault ds Fr. mod., t. 12, p. 62). Empr. au lat. impérial colocynthis, -idis (lui-même empr. au gr. κ ο λ ο κ υ ν θ ι ́ ς désignant la coloquinte), en b. lat. sous les formes coloquint(h)is et, avec changement de déclinaison, coloquint(h)ida, ae (TLL s.v., 1694, 79) auxquelles sont respectivement empr. coloquinte et coloquintide. Fréq. abs. littér. : 17. Bbg. Sain. Arg. 1972 [1907], p. 111; Lang. par. 1920, p. 374.