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CRYPTE, subst. fém.
I.− Endroit caché.
A.− Caveau souterrain construit sous une église et servant généralement de sépulcre. Sous l'église romane se trouve la crypte romane (Flaub., Champs et grèves,1848, p. 281).Ces échos profonds de crypte (Saint-Exup., Citad.,1944, p. 595):
1. À Saint-Denis pour revoir les tombeaux. Dans le froid et l'obscurité de la crypte, ces gisants couchés les uns à côté des autres produisent un effet extraordinaire. Green, Journal,1935-39, p. 195.
P. ext. Caveau souterrain. À droite et à gauche s'ouvraient dans le roc deux petites cryptes ou chambres remplies de figurines funéraires en terre émaillée (Gautier, Rom. momie,1858, p. 172).Au-dessous de l'Acropole mycénienne, on mène les voyageurs dans une crypte saisissante de force et de grandeur, dite le Trésor d'Atrée (Barrès, Voy. Sparte,1906, p. 158).
B.− P. anal. Cavité naturelle obscure et d'accès difficile. Une odeur d'humidité annonça la forêt; en effet, immédiatement, on entra sous une crypte végétale (Morand, Bouddha,1927, p. 9):
2. La lumière du fanal, quoique insuffisante, permit cependant à l'ingénieur de s'avancer, en suivant la paroi de droite de la crypte. Un silence sépulcral régnait sous cette voûte, ... Verne, L'Île mystérieuse,1874, p. 595.
Spéc., ANAT. Petite cavité située dans l'épaisseur des téguments ou des membranes muqueuses. Cryptes amygdaliennes, pilifères, sensorielles, stomatifères, synoviales. Les chapeaux mâles ont un bord à peine lobé; leur surface supérieure est creusée de cryptes qui logent chacune une anthéridie ovoïde, donnant un grand nombre d'anthérozoïdes (Plantefol, Bot. et biol. végét.,t. 2, 1931, p. 205).
C.− P. métaph. Partie la plus intérieure de l'âme et la plus difficile à pénétrer. Marchenoir descendit dans les cryptes les plus ténébreuses de sa conscience (Bloy, Désesp.,1886, p. 95).En laissant l'imagination errer dans les cryptes de la mémoire, on retrouve sans s'en apercevoir la vie songeuse menée dans les minuscules terriers de la maison, dans le gîte quasi animal des rêves (Bachelard, Poét. espace,1957, p. 134).
II.− ENTOMOL. Insecte (ordre des Hyménoptères) à antennes longues et grêles, à thorax épineux, à abdomen pédonculé et vivant dans les œufs des autres insectes ou le corps des pucerons.
Rem. Attesté (gén. comme subst. masc.) à partir de Besch. 1845.
Prononc. et Orth. : [kʀipt]. Ds Ac. 1762-1932. Étymol. et Hist. 2emoitié xives. cripte (Jeh. des Preis, Geste de Liège, 5054 ds R. Hist. litt. Fr., t. 8, p. 503); 1610 crypte (P. Coton, Institution catholique, II, p. 12 ds R. Philol. fr., t. 43, p. 123). Empr. au lat. class. crypta « crypte, caveau » lui-même empr. au gr. postclass. κ ρ υ ́ π τ η « voûte souterraine », v. grotte*. Fréq. abs. littér. : 223. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 289, b) 468; xxes. : a) 339, b) 246. Bbg. Archit. 1972, p. 142.