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CORNEMUSE, subst. fém.
Instrument de musique à vent, composé d'une outre en peau de mouton que le joueur gonfle par un tuyau appelé porte-vent, l'air s'échappant par une pression de l'aisselle sur l'outre à travers deux tuyaux dont l'un percé de trous produit différents sons alors que l'autre produit seulement un son commun. Le son champêtre des flageolets et des cornemuses (Genlis, Chev. Cygne, t. 1, 1795, p. 78).Une cornemuse qui se désenflait, pleurnicha comme un marmot à qui perce une dent (Bertrand, Gaspard,1841, p. 153):
... on entend le bêlement du troupeau, le tintement de la cloche de la brebis, le bourdonnement de l'abeille; la cornemuse fait retentir les rochers, et se mêle au bruit sourd de l'Océan lointain qui bat ses rivages. Chateaubriand, Essai sur la litt. angl.,t. 2, 1836, p. 298.
SYNT. Le son de la cornemuse : le son rauque et criard de la cornemuse (Sand, Hist. vie, t. 4, 1855, p. 402); la musique lancinante des cornemuses (Serrière, T.N.P., 1959, p. 139); enfler, gonfler la cornemuse.
P. compar. L'âme pleine de discours, l'âme, comme une cornemuse, pleine d'un air joyeux (Renard, Journal,1897, p. 391).
Arg. [P. anal. de forme] Estomac. Quand la cornemuse est pleine, on en chante mieux (Rougnon1935, p. 293).
P. méton. Gosier. Se rincer la cornemuse (Rigaud, Dict. arg. mod.,1881, p. 112).
Prononc. et Orth. : [kɔ ʀnəmy:z]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. Ca 1300 (Appolonius, 28, 4 ds T.-L.); av. 1313 (La Dame a la Licorne, éd. F. Gennrich, 82, note). Déverbal de cornemuser*. Fréq. abs. littér. : 77. Bbg. Brücker (F.). Die Blasinstrumente in der altfranzösischen Literatur. Giessen, 1926, pp. 51-52. − Lew. 1960, p. 47. − Sain. Sources t. 2 1972 [1925], p. 12.