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COOPÉRER, verbe intrans.
A.− Agir, travailler conjointement avec quelqu'un en vue de quelque chose, participer, concourir à une œuvre ou à une action commune.
1. [Le suj. est un animé ou un inanimé; le verbe est suivi d'un obj. secondaire introd. par à précisant l'œuvre ou l'action dont il s'agit] Le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif, et le pouvoir judiciaire, sont trois ressorts qui doivent coopérer, chacun dans sa partie, au mouvement général (Constant, Princ. pol.,1815, p. 19):
1. Le Gouvernement britannique était disposé à coopérer avec le Comité national à la création en France d'une organisation destinée à réaliser l'unité des Français dans la résistance à l'ennemi. De Gaulle, Mémoires de guerre,1954, p. 643.
2. [Le suj. est un animé; le verbe n'est pas suivi d'un obj. secondaire introd. par à] Agir avec quelqu'un; agir ensemble. Penser à Dieu est une action; mais aussi nous n'agissons pas sans coopérer avec lui et sans le faire collaborer avec nous (Blondel, Action,1893, p. 352).L'entrée des États-Unis dans la guerre leur imposait de coopérer avec la France libre (De Gaulle, Mémoires de guerre,1954p. 187):
2. Les machines (...) ont donné, à l'homme, parmi tant d'avantages, une malheureuse faculté, celle d'unir les forces sans avoir besoin d'unir les cœurs, de coopérer sans aimer, d'agir et vivre ensemble, sans se connaître... Michelet, Le Peuple,1846, p. 172.
B.− THÉOL. Coopérer à la grâce. Répondre à l'action de la grâce par un effort personnel :
3. On coopère à la grâce, on correspond à ce que Dieu imprime intérieurement par l'amour qui est, dit Fénelon, le plus parfait exercice de la volonté. Se livrer à la grâce par un choix libre, c'est y coopérer de la manière la plus parfaite. Maine de Biran, Journal,1821, p. 326.
Rem. Sans doute p. réf. à cet emploi, noter la constr. suiv. : Ce n'est pas assez d'être avec Dieu si nous ne sommes capables de lui coopérer (Claudel, Feuilles Saints, 1925, p. 646).
Prononc. et Orth. : [kɔ ɔpeʀe], (je) coopère [kɔ ɔpε:ʀ]. Ds Ac. 1694-1932. Fait partie des verbes qui changent [e] fermé (écrit é accent aigu) en ouvert (écrit è accent grave) devant syll. muette sauf au fut. et au cond. : je coopérerai(s). Pour coo-, cf. coobligé. Étymol. et Hist. [1495, J. de Vignay d'apr. Dauzat 1973]; 1. 1470 théol. grace cooperante et subsequente (Le Livre de discipline d'amour divine, fo109a, éd. 1537 ds R. Ét. rab., 1911, p. 304); 2. 1525 « opérer conjointement avec quelqu'un, quelque chose » (Epistre exhortatoire aux Epistres, Nouv. Testam., éd. Lefebre d'Étaples ds Littré). Empr. au lat. chrét. cooperari « faire quelque chose conjointement avec quelqu'un » (notamment en parlant de Dieu, de la prière). Fréq. abs. littér. : 160.