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CONSŒUR, subst. fém.
A.− Religieuse appartenant au même ordre ou au même couvent que d'autres et considérée par rapport à celles-ci. Les abbesses (...) trouvèrent toujours des religieuses qui se chargeaient de fustiger leurs consœurs, de les torturer ([L.-F. L'Héritier], Mémoires pour servir à l'hist. de la Révolution fr. par Sanson,t. 2,1830, p. 56).
B.− P. anal.
1. Femme membre de la même confrérie, ou exerçant la même profession libérale ou la même activité que d'autres femmes, et, p. ext., que d'autres hommes. Le gaga [un propriétaire] a reçu une lettre d'une consœur de la place Denfert-Rochereau, où j'avais cru trouver un gîte (Bloy, Journal,1901, p. 56).Les bonnes habitant dans les mansardes du bâtiment d'en face et qui disent, avec leurs consœurs des chambres au-dessus de la mienne, du mal de leurs maîtres (Léautaud, Journal littér. 1,1893-1906, p. 27):
Non, mon cher, je suis votre confrère : je serais votre consœur si vous portiez vous-même des jupons, parlons français, je vous prie... A. Sarrazin ds Colin1971, s.v. confrère.
P. métaph. [En parlant d'une pers. ou d'un objet dont le nom est au fém.] Une âme aussi religieuse, aussi délicate, aussi douce, aussi tendrement amie que l'est la vôtre, la plus consœur qu'homme ait pu désirer pour compagne vers le ciel! (Balzac, Lettres à l'Étrangère, t. 2, 1850, p. 218).Nous avons raconté la préhistoire de la voiture à vapeur et celle de sa consœur électrique (P. Rousseau, Hist. des transp.,1961, p. 483).
Rem. Consœur ainsi employé comporte parfois une nuance ironique.
2. Spéc., arg. Prostituée considérée par rapport à celles qui exercent la même activité. Merci, ma petite, dit aussitôt la fille Simonet à la consœur qui nous donnait cette précieuse indication (F. Vidocq, Mémoires de Vidocq, t. 3, 1828-29, p. 194).
Prononc. et Orth. : [kɔ ̃sœ:ʀ]. ,,Consœur se dit des femmes associées à une même confrérie et des religieuses du même couvent ou du même ordre. À ne regarder que l'étymologie (cum avec, et sœur), il ne devrait se dire que si la femme ou les femmes désignées sont considérées par rapport à une ou plusieurs autres femmes de la même association. Ainsi un homme, membre d'une confrérie comprenant des hommes et des femmes, dirait : mon (ou ma) confrère, MmeX...`` (Grev. 1964, § 246). Étymol. et Hist. 1. 1342 consuer « femme d'une même confrérie » (Ord., II, 177 ds Gdf. Compl.); 2. xves. consœur « religieuse d'un même couvent » (J. Molinet, Chron., éd. Doutrepont-Jodogne, chap. LXVII, t. I, p. 320); 3. 1829 arg., en parlant d'une autre prostituée (F. Vidocq, loc. cit.); 4. 1763 p. plaisant. fém. de confrère (Voltaire, Corresp. [éd. L. Moland, t. 42], t. 10, no5355 : messieurs vos confrères et ... mesdames vos consœurs [acteurs et actrices sociétaires de la Comédie-Française]). Dér. de sœur, préf. con, com- d'apr. confrère*; cf. lat. médiév. consoror, synon. d'oblata, 1210 ds Du Cange. Fréq. abs. littér. : 2.