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CONFÉRER1, verbe.
A.− Emploi trans., vx. Rapprocher des textes pour en établir les ressemblances et les différences. Conférer les lois grecques avec les lois romaines; conférer un auteur avec un autre; conférer des passages; conférer les temps; conférer deux manuscrits (Ac. 1835-1932) :
1. ... poëte latin, il [Du Bellay] l'a été aussi à sa manière alors, et avec une véritable distinction. On aurait à conférer ses poésies latines avec les poésies françaises qu'il faisait presque en même temps sur les mêmes sujets. Sainte-Beuve, Nouveaux lundis,t. 13, 1863-69, p. 342.
Spéc. [Employé à l'impér. rarement conférez, le plus souvent sous la forme de l'impér. latin confer, abrégé gén. en cf.] Comparez, reportez-vous à. Les riches aiment mieux perdre que donner (...) (conférez S. Paul, Actes des apôtres, XX, 35). (Bloy, Journal,1899, p. 332).
B.− Emploi intrans. S'entretenir avec quelqu'un sur un sujet d'importance et en discuter. Nous avons souvent conféré ensemble; l'affaire est importante, elle mérite que nous en conférions à loisir; il en a conféré avec un-tel; ils ont conféré de leurs affaires communes (Ac. 1835-1932). Le notaire (...) vint le voir pour conférer sur une affaire grave (Balzac, Le Colonel Chabert,1832, p. 60):
2. À trois heures du soir, nouvelle confusion. Un ordre du jour convoqua les députés réunis à Paris, à l'Hôtel de Ville, pour y conférer sur les mesures à prendre. Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe,t. 3, 1848, p. 607.
3. Pendant quatre ou cinq jours, à la rentrée, les élèves font oraison; mais ils confèrent entre eux, aussi, ils disputent sur les règlements que l'on se donne, les plans que l'on fait pour soi-même, sur le choix de la vie... Brasillach, Pierre Corneille,1938, p. 32.
Prononc. et Orth. : [kɔ ̃feʀe], (je) confère [kɔ ̃fε:ʀ]. Fait partie des verbes qui changent [e] fermé en [ε] ouvert devant syll. muette. Admis ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. 1370-80 « comparer » (Trad. Ovide Remède d'Amour, 2016 ds T.-L.); en partic. 1616-20 « comparer, rapprocher des textes » (D'Aub., Hist., 1, 106 ds Littré); 2. ca 1455 « s'entretenir avec quelqu'un » (G. Chastellain, Chron., éd. Kervyn de Lettenhove, IV, 355, 8 ds Heilemann Chastellain, p. 75). Empr. au lat. class. conferre au sens 1 « mettre ensemble pour comparer » en partic. des textes, au sens 2 [sermones] conferre « échanger des propos ».