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CONDOR, subst. masc.
A.− Grand vautour d'Amérique au plumage noir, dont la tête et le cou sont nus. Condor des Andes; condor de Californie :
Le condor devenait plus visible d'instants en instants. Ce magnifique oiseau, jadis révéré des Incas, est le roi des Andes méridionales. Dans ces régions, il atteint un développement extraordinaire. Sa force est prodigieuse, et souvent il précipite des bœufs au fond des gouffres. Verne, Les Enfants du Capitaine Grant,t. 1, 1868, p. 125.
P. métaph. [P. réf. à la force prodigieuse du condor et à l'altitude qu'il peut atteindre dans son vol] C'est sur le globe qu'il plane, ce condor d'abomination [Albert Wolf] (Bloy, Le Désespéré,1886, p. 323).
B.− P. méton. Ancienne pièce d'or du Chili, de Colombie et de l'Équateur à l'effigie d'un condor. Que de sols, de condors, de bolivars (...) ont passé dans mes poches depuis trois mois! (Morand, Air indien,1932, p. 236).
Prononc. et Orth. : [kɔ ̃dɔ:ʀ]. Ds Ac. 1762-1932. Étymol. et Hist. 1598 plur. condores mot. esp. cité (Hist. nat. et mor. des Indes de J. de Acosta, trad. en fr. par R. Regnault Cauxois, fol. 196ads König, p. 74); 1633 sing. condor id. (Le Comm. Royal ou Hist. des Yncas de Garcilaso de la Vega, trad. en fr. par I. Baudoin, p. 1090 ibid.); 1640 condor (J. de Laet, L'Hist. du Nouv. Monde, p. 330, ibid.). Empr. à l'esp. condor, attesté dep. 1554 (ds Fried.) lui-même empr. au quichua Kuntur (FEW t. 20, p. 66a). Fréq. abs. littér. : 47. Bbg. Boulan 1934, p. 68. − Goug. Mots t. 1 1962, p. 33.