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CONCILIABULE, subst. masc.
A.− HIST. ECCL. vx. Assemblée d'évêques hérétiques, schismatiques ou convoqués dans un but d'opposition à l'Église. Ce n'était pas un concile, c'était un conciliabule (Ac.1835, 1878) :
1. Le Pape, pour dissoudre un concile comme concile, n'a donc qu'à sortir de la salle en disant : je n'en suis plus; de ce moment, ce n'est plus qu'une assemblée, et un conciliabule s'il s'obstine. J. de Maistre, Du Pape,Lyon, Rusand, 1819, p. 27.
P. ext.
1. Réunion de prélats non catholiques. Conciles ou conciliabules, consistoires ou conférences pourront se succéder, ils ne sauraient d'eux-mêmes aboutir à la réunion (MgrChevrot, L'Unité chrétienne, Le Monde,19 janv. 1952, p. 9, col. 4).
2. Vieilli. Réunion secrète tenue surtout dans un mauvais dessein. Tenir un conciliabule :
2. Il y a un mystère qui environne toutes vos actions. Vous avez des conférences, des conciliabules secrets, soit chez vous, soit chez vos amis! c'était bien la peine de faire une loi contre les associations! ... Est-ce que vous conspirez, par hasard? Scribe, La Camaraderie,1837, I, 1, p. 236.
B.− Au fig. Entretiens, conversations chuchotées ou particulières qui se répètent. Tenir des conciliabules. Un conciliabule de femmes se forma dans un coin, et après bien des chuchotements : « Messieurs, − dit Madame de Mardonnet, − il s'agit d'une comédie... » (E. et J. de Goncourt, Charles Demailly,1860, p. 58).Cf. aussi affirmatif, ex. 25 et agrégat, ex. 17.
Rem. 1. Ce dernier sens n'est mentionné que ds les dict. du xxes. excepté Ac. 1932. 2. On relève ds la docum. conciliabuler, verbe intrans., néol. d'aut. Faire, tenir des conciliabules. M. Janselme, le curé, aurait convoqué, ce soir-là, au presbytère, Flavien Perot, le maçon du pays, et ils auraient conciliabulé (Bosco, Le Mas Théotime, 1945, p. 327).
Prononc. et Orth. : [kɔ ̃siljabyl]. Ds Ac. 1694-1932 (au sens A). Étymol. et Hist. 1. 1549 « assemblée de prélats schismatiques ou convoqués illégalement » (Calvin, La vraye façon de réformer l'église, 98, édit. 1881 ds Hug.), qualifié de ,,vieilli`` dep. DG; 2. 1594 « réunion secrète de personnes pouvant avoir des intentions malveillantes » (Satire Ménippée, éd. Ch. Read, p. 88). Empr. au lat. chrét. conciliabulum « concile de schismatiques » et avec nuance péj. « réunion » (Blaise), p. ext. de sens du lat. class. (proprement « petite assemblée ») « lieu de réunion ». Fréq. abs. littér. : 156. Bbg. Pauli 1921, p. 86 (s.v. conciliabuler).