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COMPLAISANT, ANTE, adj.
A.− [Vis-à-vis d'autrui]
1. Bien disposé, favorable à l'égard d'autrui.
Complaisant pour.Mais la fortune devait se montrer encore une fois complaisante pour lui (Verne, L'Île mystérieuse,1874, p. 109).
2. Qui fait preuve de gentillesse, d'amabilité. Elle écoutait beaucoup et parlait peu. Très complaisante, elle donnait du prix à sa complaisance en la faisant un peu attendre (A. France, Le Lys rouge,1894, p. 14).
3. Qui fait preuve d'indulgence, parfois coupable. Il n'y a pas de vices qui ne trouvent dans le grand monde des appuis complaisants (Proust, Sodome et Gomorrhe,1922, p. 716).
Complaisant à.Seigneur, comme je suis faible encore et complaisant aux entreprises du démon! (Aymé, Clérambard,1950, III, 2, p. 147).
Spéc., péj. Qui veut ignorer ou qui favorise les intrigues galantes de quelqu'un :
1. Je le vis sans cesse sur les pas de madame Cère et de M. Cère, dont on ne sait encore s'il est un mari stupide ou complaisant. Son imbécillité l'a sauvé. A. France, Crainquebille,La Pierre gravée, 1904, p. 223.
Emploi subst. :
2. ... Sidonie Rougon, la complaisante de son frère Saccard, l'entremetteuse aux cent métiers louches, enfantait d'un inconnu la pure et divine Angélique... Zola, Le Docteur Pascal,1893, p. 121.
B.− [Vis-à-vis de soi-même] Qui dénonce une satisfaction, un plaisir auxquels on s'attarde. Chez Jammes, non, ce n'était pas précisément de la pose; mais un très complaisant abandon à soi-même (Gide, Journal,1921, p. 722):
3. Briand découvre Joffre, le protège, le diminue, l'affaiblit, avec les plus savantes et les plus complaisantes inflexions de voix. Barrès, Mes cahiers,t. 11, 1914-17, p. 190.
Prononc. et Orth. : [kɔ ̃plεzɑ ̃], fém. [-ɑ ̃:t]. Enq. : [kõplezã, -t]. Ds Ac. 1694-1932. Fréq. abs. littér. : 555. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 727, b) 809; xxes. : a) 897, b) 765.