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COMPATISSANT, ANTE, part. prés. et adj.
I.− Part. prés. de compatir*.
II.− Adjectif
A.− [En parlant d'une pers. et, par personnification, d'un oiseau, d'un inanimé] Qui incline à la compassion. La religion n'est pas un oiseau de proie; c'est une colombe compatissante qui plane doucement sur tous les rêves et sur tous les amours (Musset, Lorenzaccio,1834, II, 2, p. 127):
1. Lui aussi, comme Thierry, a-t-il choisi la vie du renoncement et de l'expiation? ou écrasé, vaincu, a-t-il abandonné la lutte, au fond d'une eau compatissante? Daniel-Rops, Mort, où est ta victoire?1934, p. 279.
Rem. En antéposition : rare (cf. Lamartine, La Chute d'un ange, 1838).
Emploi subst., rare :
2. [Le jeune homme, orphelin] fit pitié à un ami... ce compatissant obéissait sans doute à la loi sur l'affinité des extrêmes. J. Richepin, Madame André,1879, p. 1.
B.− P. ext. [En parlant d'un cœur, d'un regard, etc.] Qui manifeste de la compassion. Synon. bon, compréhensif, miséricordieux, sensible, tendre; anton. dur.Son cœur tendre et compatissant étoit toujours empressé de soulager les pleurs de l'infortune et du repentir (MmeCottin, Mathilde,t. 1, 1805, p. 134).
Prononc. et Orth. : [kɔ ̃patisɑ ̃], fém. [-ɑ ̃:t]. Ds Ac. 1718-1932. Fréq. abs. littér. : 257. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 483, b) 365; xxes. : a) 325, b) 289.
DÉR.
Compatissance, subst. fém.a) Sentiment de compassion. Relu le Cabinet des antiques et le Père Goriot, Honorine (une des mieux écrites) où Balzac emploie le mot : « compatissance ». Curieux de chercher s'il figure dans Littré. Il me semble que « compassion » suffisait (Gide, Journal,1949, p. 342).b) Au plur. Action de compatir (cf. compatissement, s.v. compatir dér.). Il n'y a qu'une chose qui plaide pour moi : c'est le malheur, la misère, le travail, et, comme vous devez avoir toutes les compatissances de la femme et de l'ange, vous devriez un peu plus préciser à moi que vous ne le faites (Balzac, Lettres à l'Étrangère,t. 1, 1850, p. 216).[kɔ ̃patisɑ ̃:s]. 1reattest. 1792 (S. Tournal, Rapport, 30 août, Arch. Parl., 1reSérie, t. L, p. 682, col. 1 ds Brunot t. X, p. 127); de compatissant, suff. -ance*. Fréq. abs. littér. : 8.
BBG. − Darm. 1877, p. 87.