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COMMÉRAGE, subst. masc.
A.− Au sing. Fait de se comporter en commère, de bavarder avec indiscrétion et souvent avec malveillance, sur des sujets insignifiants; commentaire futile, sans intérêt. Encore un exemple du remplacement de l'œuvre et de son étude par le commérage (V. Larbaud, Ce vice impuni, la lecture,Domaine fr., 1941, p. 161):
1. ... blâmer, soupçonner, maudire, railler, condamner, voilà ce qu'il y a au bout de toute causerie politique ou littéraire, car la sympathie, la confiance et l'admiration ont malheureusement des formules plus concises que l'aversion, la critique et le commérage. G. Sand, Histoire de ma vie,t. 3, 1855, p. 440.
B.− Surtout au plur. Propos futiles souvent malveillants; nouvelles (exactes ou non) sans intérêt. Des saillies sans profondeur, beaucoup d'indiscrétions, des commérages (Balzac, La Fille aux yeux d'or,1835, p. 335).Ces commérages éternels des économistes sur l'imprévoyance des ouvriers (Proudhon, Système des contradictions écon.,t. 1, 1846, p. 129):
2. − J'espère, au moins, que vous n'attachez pas d'importance aux ridicules commérages dont un groupe d'étourneaux a trouvé bon de m'informer. G. Magnane, La Bête à concours,1941, p. 454.
Prononc. et Orth. : [kɔmeʀa:ʒ]. Ds Ac. 1835-1932. Étymol. et Hist. 1. 1546 commeraige « baptême » (Rabelais, Tiers Livre, chap. 41, éd. Marty-Laveaux, t. 2, p. 195), attest. isolée; 2. Ca 1761 « bavardage » (Diderot, Neveu de Rameau ds Œuvres romanesques, éd. H. Bénac, Garnier, 1962, p. 481). Dér. de commère*; suff. -age*. Fréq. abs. littér. : 195.