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CHÈNEVIÈRE, subst. fém.
Champ sur lequel on cultive le chanvre :
La rubrique cultures industrielles n'est pas absolument exacte pour 1789 : elle comprend surtout les chènevières et autres terrains cultivés à la main, suivant les expressions de Marquis. Ch. Guyot, Rapport sur l'état de l'agric. en Lorraine,1789-1889, p. 36.
Rem. Les dict. attestent un synon. can(ne)bière en usage dans le midi de la France.
Spéc. Épouvantail à (de) chènevière. Mannequin destiné à éloigner les oiseaux (cf. G. Sand, Les Beaux Messieurs de Bois-Doré, 1858, p. 171).
Prononc. et Orth. : [ʃ εnvjε:ʀ]. Aucune transcr. de chènevrière. Ds Ac. 1694-1740 s.v. Cheneviere sans accent. Noter cependant que Ac. 1740 écrit cheneviére dans le corps de l'article; ds 1762-1932 sous la forme moderne. Chènevière. Var. chanvrière ds Besch. 1845; chanovrière ds Lar. 19e-Nouv. Lar. ill. Étymol. et Hist. 1226 chaneviere « champ où l'on cultive du chanvre » (Cens. Paracl. de Pruvin, fo4 ro, A. Aube ds Gdf. Compl.), forme attestée jusqu'au début xviies. O. de Serres ds Littré; 1296 chènevière (Cart. de N.D. de Beaug. ds Gdf. Compl.); 1468 espoventail de cheneviere (Franc archier de Baignollet, éd. E. Picot et Chr. Nyrop, Nouv. rec. de farces fr., p. 69). Du lat. *canaparia (FEW t. 2, p. 214a; canaberia 888-898 ds Nierm.; canavera 893 ds Mittellat. W. s.v., 170, 11) dér. de canapus (chanvre*), la forme chanevière est prob. due à l'infl. de chanvre; étant donnée l'ancienneté du type lat., cette hyp. paraît préférable à celle d'une dérivation de l'a. fr. cheneve forme sav. de l'a. fr., v. Bambeck Boden, p. 122; cf. a. prov. canabier (Levy Prov.), ital. canapaio (1322 ds Batt.). Fréq. abs. littér. : 28. Bbg. Goug. Mots t. 2 1966, p. 125. − Ritter (E.). Les Quatre dict. fr. B. de l'Inst. nat. genevois. 1905, t. 36, p. 371.