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CHATOUILLEMENT, subst. masc.
A.− Action de chatouiller; sensation agréable ou pénible qui en résulte :
1. ... la même personne qu'on n'a pu réveiller par des bruits soudains très-forts, se lève tout à coup en sursaut au plus léger chatouillement de la plante des pieds. Cabanis, Rapports du physique et du moral de l'homme, t. 2, 1808, p. 377.
2. Pour le coup, le marquis n'y tint plus. Il se renversa sur son fauteuil, se leva, fit deux fois le tour de la chambre, et vint se rasseoir, en proie aux convulsions de ce rire maladif qu'excite le chatouillement. Sandeau, Mllede La Seiglière,1848, p. 216.
Péj. Sensation désagréable de démangeaison provoquée par des attouchements ou frottements. Synon. agacement, excitation, grattement, picotement :
3. Il en venait à regretter les punaises. Il enrageait, et dans l'énervement de ce pourchas inutile acheva de compromettre son sommeil. Et toute la journée du lendemain ses boutons de la nuit le démangèrent, tandis que des chatouillements neufs l'avertissaient qu'il était toujours fréquenté. Gide, Les Caves du Vatican,1914, p. 777.
P. ext. Attouchement visant à provoquer une excitation, une réaction. Trotte! Trotte! Sous le chatouillement du fouet à la croupe, la petite jument rousse, déjà en jeu, se cabra (G. Guèvremont, Le Survenant,1945, p. 273).
B.− Au fig.
1. Action de chatouiller les sens. Ce genre de théâtre, ce n'est absolument qu'un chatouillement de tous les appétits bas du public (E. et J. de Goncourt, Journal,1861, p. 897).
2. Sensation agréable qui flatte une personne ou l'un de ses penchants. Ce n'est pas, Monsieur Bricoli, que j'attache le moindre prix à ces petits chatouillements de la vanité (Sardou, Rabagas,1872, IV, 1, p. 160):
4. Je terminais par un examen rapide des plus récentes productions d'Arthur Honegger, qui connaissait alors les premiers chatouillements du succès, ... J.-R. Bloch, Destin du Siècle,1931, p. 16.
Prononc. et Orth. : [ʃatujmɑ ̃]. Ds Ac. 1694-1932; écrit Chatoüillement ds Ac. 1718. Étymol. et Hist. 1. Ca 1390, ms. xves. [xiiies. d'apr. DG] pic. catoullement « action de chatouiller, résultat de cette action » (Evrart de Conty, Probl. d'Arist., B.N. 210, fo91bds Gdf. Compl.); 1580 chatouillement « sensation ou impression agréable » (Montaigne, Essais, éd. A. Thibaudet, livre 2, chap. 12, p. 547); 2. 1801 « picotement » (Destutt de Tracy, Éléments d'idéologie, t. 1, p. 252). Dér. de chatouiller*; suff. -(e)ment1*. Fréq. abs. littér. : 83.