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* Dans l'article "CÉNOBITE,, subst. masc."
CÉNOBITE, subst. masc.
A.− RELIG. Moine vivant en communauté (notamment dans les premiers temps de l'Église). Pieux cénobite; les cénobites de saint Pachôme (H.-I. Marrou, De la Connaissance hist.,1954, p. 66).Anton. anachorète (cf. anachorète A ex. 2), ermite.
Emploi adj., en appos. Saintes femmes cénobites (G. Sand, Lélia,1839, p. 480):
1. Les moines du désert, les pères cénobites, leur parole, pour nous gens du Nil, toujours hantés de religion avaient plus de résonance et d'empire que celle de César... A. Arnoux, Rhône, mon fleuve,1944, p. 24.
B.− P. ext., au fig. Personne vivant de façon austère, comme retirée du monde.
P. métaph. :
2. À ce quêteur de documents et à ce cénobite du style [Flaubert], l'étoffe, la volonté, la santé, le tempérament de Balzac avaient manqué. A. Thibaudet, Histoire de la litt. fr. de 1789 à nos jours,1936, p. 371.
Prononc. et Orth. : [senɔbit]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. xiiies. (Règle de Saint-Benoit, 275, Héron d'apr. Delboulle ds R. Hist. litt. Fr., t. 6, p. 299 : Quatre manieres sunt de moines ... Cenobite sunt li premier). Empr. au lat. chrét. coenobita attesté au même sens dep. le ives. (St Augustin ds TLL s.v., 1414, 22), dér. du lat. coenobium « communauté, monastère » (v. cénobie). Fréq. abs. littér. : 70.
DÉR. 1.
Cénobitique, adj.a) Relig. Qui se rapporte aux cénobites. Vie cénobitique. Anton. érémitique*.Tout ce qui concerne saint Cassien dans ce paragraphe, (...), est tiré du beau livre que le chanoine Léon Cristiani, (...), vient de consacrer au grand maître, au théoricien de la mystique cénobitique en Occident (Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 239).b) P. ext., au fig. Austère. La chambre était déserte. Je poussai la porte. Je fis quelques pas à l'intérieur. Toujours le même aspect sévère, cénobitique (Verne, Vingt mille lieues sous les mers,1870, p. 89). [senɔbitik]. Ds Ac. 1718-1932. 1reattest. 1586 (N. Le Cerf, Trad. Œuvres spirituelles de H. Suso, 19b d'apr. Vaganay ds Rom. Forsch., t. 32, p. 28); de cénobite, suff. -ique*. Fréq. abs. littér. : 5.
2.
Cénobitisme, subst. masc.a) Relig. Genre de vie pratiqué par les cénobites. Je pense en effet que c'est là une de ces thébaïdes où les premiers chrétiens se réfugièrent dans les temps de cénobitisme ou de persécution (Lamartine, Voyage en Orient, t. 2, 1835, p. 199).b) P. ext., au fig. Vie austère et retirée. Ce gros garçon [Zola], (...), continue à nous parler de son travail, de la ponte quotidienne des cent lignes, qu'il s'arrache tous les jours; de son cénobitisme, de sa vie d'intérieur, qui n'a de distraction, le soir, que quelques parties de dominos avec sa femme ou la visite de compatriotes (E. et J. de Goncourt, Journal,1875, p. 1034). [senɔbitism̥]. Ds Ac. 1932. 1reattest. 1833 (G. Sand, Lélia, p. 288); de cénobite, suff. -isme*. Fréq. abs. littér. : 7.