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CAUTÉRISER, verbe trans.
A.− MÉD. Brûler un tissu organique à l'aide d'un cautère*. Cautériser une plaie. Il faut faire une ligature! Cautériser la morsure! ... Vite! Faites rougir un couteau! (H.-R. Lenormand, Le Simoun,1921, p. 164).
Emploi pronom. réfl. On la surprit se cautérisant, de nuit, les bras nus avec de la cire brûlante (Sainte-Beuve, Port-Royal, t. 1, 1840, p. 98).
B.− P. métaph., fam. Brûler, rendre insensible. Le crime, à son dernier degré, est une maladie de l'ame qui la cautérise (Chateaubriand, Génie du Christianisme,t. 1, 1803, p. 239).Ma chère enfant, ce garçon-là se sert de vous comme on se sert du nitrate pour cautériser les plaies, il veut se cautériser le cœur (Murger, Scènes de la vie de bohème,1851, p. 273).
Rem. On rencontre ds la docum. le part. prés. adjectivé cautérisant. Qui permet la cautérisation*. Onguent, pansement cautérisant; pommades cautérisantes (E. Garcin, Guide vétér., 1944, p. 170). Emploi subst. L'autre [École] attaque de suite l'infection par les antiseptiques ou les cautérisants [Hudelo (Nouv. traité de méd., 1926, p. 502)].
Prononc. et Orth. : [koteʀize] ou [kɔ-], (je) cautérise [ko(ɔ)teʀi:z]. Pour le timbre de -au-, cf. cauchemar; cf. aussi Mart. Comment prononc. 1913, p. 116, qui signale également que [o] fermé tend à s'ouvrir en [ɔ] dans cautériser. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1314 méd. cauterisier (H. de Mondeville, Chirurgie, éd. A. Bos, Paris, 1897, t. 2, p. 175); xvies. fig. conscience cauterisée « conscience endurcie, corrompue » (Calvin ds Hug.), répertorié ds la lexicogr. dep. Rich. 1680; réputé ,,vieilli`` dep. Ac. 1835. Empr. au b. lat. cauterizare attesté comme terme méd. (ives. ds TLL s.v., 710, 68), employé au fig. en lat. chrét. par St Irénée (Ibid., 710, 66) dans le syntagme cauteriata conscientia. Le lat. est lui-même empr. au gr. κ α υ τ η ρ ι α ́ ζ ω « brûler, marquer avec le fer chaud ». Cauterizare est d'emploi moins fréq. que son synon. cauteriare (dér. de cauterium) v. TLL. Fréq. abs. littér. : 29.