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CAPITEUX, EUSE, adj.
A.− [En parlant d'un vin, d'un parfum, d'une odeur, etc.] Qui monte à la tête, qui produit une certaine ivresse. Vin capiteux :
1. Les rayons d'un soleil généreux activent la végétation et en prolongent la durée. L'apparition des feuilles est de quinze jours en avance sur l'Allemagne; et, en automne, de belles journées chaudes achèvent de faire mûrir les vins capiteux des coteaux sous-vosgiens. Vidal de La Blache, Tabl. de la géogr. de la France,1908, p. 226.
B.− Au fig. [En parlant d'une femme, de sa beauté] Qui excite, qui trouble les sens. Femme capiteuse, charme capiteux :
2. Ceux-ci tout de même continuèrent à chanter. Non plus de ces airs de rire et de baisers, entonnés par une jouvencelle, mais de mélancoliques mélopées, chargées du regret de ces compagnes capiteuses. Pesquidoux, Le Livre de raison,1925, p. 54.
3. Il voulut me voir tout de suite. Au café de Paris, pas moins. Il y eut là des personnes... capiteuses. Aux tables voisines, tu m'entends! Aragon, Les Beaux quartiers,1936, p. 203.
P. anal. :
4. On s'explique ainsi que l'on ait pu faire entre Bonnard et les impressionnistes un rapprochement que paraît légitimer de surcroît la parenté des sujets : des nus dans leur cabinet de toilette, comme ceux de Degas, ou au soleil, comme chez Renoir; des fruits aussi juteux, des fleurs aussi capiteuses que ceux et celles du maître des Ponchettes; ... B. Dorival, Les Peintres du XXes.,1957, p. 28.
Prononc. et Orth. : [kapitø], fém. [-ø:z]. Ds Ac. 1740 et 1762 au masc. uniquement; ds Ac. 1798-1932 au masc. et au fém. Étymol. et Hist. 1. Fin xives. capitoux « obstiné » (Gloss. gall. lat., B.N. 1. 7684 ds Gdf. Compl.); xves. id. (capiteux); 2. av. 1558 « qui excite les sens (en parlant d'une femme) » (J. Bouchet, Noble Dame, fo2 rods Gdf. Compl.), seulement chez cet aut., v. aussi Hug.; repris en fr. moderne. Empr. à l'ital. capitoso attesté au sens 1 au xives. d'apr. DEI, dér. du lat. caput, -itis « chef »; cf. lat. médiév. capitosus « obstiné » 1171 ds Mittellat. W. s.v.; le sens 2, par une évolution purement française. Fréq. abs. littér. : 125. Bbg. Gohin 1903, p. 342.