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CAILLOUTEUX, EUSE, adj.
A.− [En parlant d'un sol] Qui contient beaucoup de cailloux; qui est fait de cailloux. La pirogue racla le fond caillouteux de la rivière (Verne, L'Île mystérieuse, 1874, p. 237); sur la campagne caillouteuse, rien ne bouge (Barrès, Le Voyage de Sparte, 1906, p. 133); une affreuse glaise caillouteuse et jaune (Benoit, L'Atlantide,1919, p. 312).
Emploi subst., au masc. Pour kaolin caillouteux (Ch.-A. Wurtz, Dict. de chim. pure et appliquée,t. 2, 2evol., 1876, p. 1158).
B.− P. métaph. Cf. caillou B.
1. [En parlant d'une pers.] Qui est d'une rudesse désagréable :
1. « Figure-toi l'imagination la plus vagabonde, le cœur le plus amoureux, l'âme la plus tendre, l'esprit le plus poétique, sans cesse en présence de l'homme le plus caillouteux, le plus atrabilaire, le plus froid du monde; ... » Balzac, La Peau de chagrin,1831, p. 83.
[En parlant de la respiration] Son souffle caillouteux de vieil asthmatique (Camus, La Peste,1947, p. 1222).
2. [En parlant d'une chose abstr.] Heurté :
2. Il nous aurait fallu un Cowper pour fixer dans notre poésie toute cette partie réelle et jolie, vraiment rurale. M. Brizeux, de nos jours, y a tâché : mais il y tâche trop. Sa poésie est toute caillouteuse. Sainte-Beuve, Causeries du lundi,t. 8, 1851-62, p. 77.
3. ... Paul Adam, « penseur » pour rachitiques et scrofuleux... ne risquait pas de se compromettre, ni de compromettre ceux qui publiaient sa prose caillouteuse, ensablée, somnifère. L. Daudet, Au temps de Judas,1920, p. 39.
Prononc. et Orth. : [kajutø], fém. [-ø:z]. Ds Ac. 1835-1932. Étymol. et Hist. [1564 cailloueux d'apr. FEW t. 1, p. 96b]; fin xvies. cailloteux (Montlyard d'apr. Delboulle, Recueil de vieux mots, ms. Sorbonne ds DG); 1829 caillouteux (Boiste). Cailloueux dér. de caillou*; suff. -eux*; cailloteux dér. de la forme caillot de caillou*, puis refait caillouteux sous l'infl. de caillou et par suite de la disparition du type caillot « caillou ». Fréq. abs. littér. : 66. Bbg. Goug. Mots t. 1 1962, p. 65.