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BRUTALISER, verbe trans.
Traiter de manière brutale.
A.− Brutaliser qqn.Il la brutalisa sans sujet (Ac.1798-1932) :
1. ... dans le peuple, on a beau laisser les enfants sans soins et les brutaliser d'importance, on les aime et on les respecte. Frapié, La Maternelle,1904, p. 241.
B.− Brutaliser qqc.Bousculer, traiter sans ménagement, sans soin. Brutaliser des effets (T. Gautier, Le Capitaine Fracasse,1863, p. 55):
2. Il [le cordonnier] arrivait tout d'un coup à « À la Citerne » avec son tablier de cuir et un tranchet à la main. Il faisait péter la porte contre le mur; il brutalisait les chaises... Giono, Manosque des plateaux,1930, p. 74.
Spéc., domaines artistique et littér.
1. Brutaliser un style. Le rendre plus vigoureux, plus carré, plus viril :
3. Brutalisez votre style, me disait un ami; il faudrait aussi brutaliser ou viriliser mon âme. Je n'aime ni le tabac, ni les liqueurs, ni les jurements, ni la chronique scandaleuse, ni la haine, tous ces attributs de la force rugueuse qui s'affirme et se carre. Amiel, Journal intime,1866, p. 70.
2. Brutaliser un portrait. Le traiter de manière rude, sans mièvrerie ni joliesse. ... l'homme qui, dans le moment, brutalisait de son pastel les rudes portraits du Louvre (E. et J. de Goncourt, L'Art fr. au XVIIIes.,t. 1,1880-82, p. 108).
PRONONC. : [bʀytalize], (je) brutalise [bʀytali:z].
ÉTYMOL. ET HIST. − 1. 1572 adj. brutalisé « rendu bestial, sauvage » (Belleforest, Harangues militaires, 902 dans R. Hist. litt. Fr., t. 5, p. 305), attest. isolée; 1584 pronom. « devenir semblable à une brute » (Jean de Barraud, Epist. dorées de Guevara, 98 ro, ibid.), emploi isolé; 2. 1704 trans. « traiter avec brutalité » (Trév.). Dér. de brutal*; suff. -iser*.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 73.