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BRANDE, subst. fém.
Bruyère des terrains incultes. Feu de brandes; dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes (Vigny, Les Destinées,1863, p. 127):
1. De l'épaisseur des fougères s'élevèrent les cabanes de brande où les Landais, en octobre, chassent les palombes. Mauriac, Le Baiser au Lépreux,1922, p. 173.
2. Les quelques arbustes rencontrés au départ se font rares, disparaissent, puis les broussailles même et les brandes. Pesquidoux, Le Livre de raison,1932, p. 149.
P. méton. Terre où croissent ces arbustes :
3. Et puis chasses dans les sapins, journées entières dans les brandes, des coups de fusil sans interruption, ... Alain-Fournier, Correspondance[avec J. Rivière], 1905, p. 61.
PRONONC. : [bʀ ɑ:d].
ÉTYMOL. ET HIST. − 1205 lat. médiév., Bretagne branda « bruyère » (ds Du Cange, t. 1, p. 735b); attesté indirectement par son dér. brandey « champ de bruyères » 1378 (Ste Croix, Ste Radeg. de Pommiers, Arch. Vienne dans Gdf.); 1478 « lieu où poussent les bruyères » et « bruyères » (ds Du Cange, t. 1, p. 735c); d'où 1653 mar. « fagot de brins de bruyère, enduits d'une substance combustible » (A. Oudin, Recherches ital. et fr., Paris). Issu de l'a. fr. brander « flamboyer, s'embraser (de l'aube, d'une rayon de lumière) » (ca 1150 Thèbes dans T.-L.) parce que la bruyère était facilement inflammable et qu'au Moy. Âge on brûlait les champs pour les fertiliser (FEW t. 15, 1, s.v. brand; Baist dans Z. rom. Philol., t. 43, pp. 81-83). À rapprocher du lat. médiév. brandarium prob. « champ destiné à être essarté par le feu » (1195 dans Bambeck Boden, p. 92).
STAT. − Fréq. abs. littér. : 26.
BBG. − Baist (G.). Vermischtes. Zur Wortgeschichte. Z. rom. Philol. 1923, t. 43, pp. 81-83.