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BATTAISON, subst. fém.
AGRIC., vx ou région. Action de battre le blé; époque où on le bat. Synon. battage :
J'ai grandi en Limousin, comme un petit paysan ... au temps des fauches et des battaisons, j'ai porté des cruches de vin aux métayers et à nos gens de journée... J. et J. Tharaud, La Maîtresse servante,1911, p. 5.
Prononc. : [batεzɔ ̃] (cf. Barbeau-Rodhe 1930, où [ε] est cependant demi-long). Étymol. et Hist. 1. xiiies. batison « bruit, tumulte » (Conq. de Jérus., 5642, Hippeau dans Gdf., s.v. batoison : Et cil braquet glatissent, s'abaient cil gaignon, Et ostoir et girfaut mainent tel batison), très rare en a. fr.; 2. 1343 « action de battre, battage » (Ord., II, 184, ibid. : Le premier terme de la batoison de nos monoies) − xives., ibid.; sens maintenu dans certains dial., notamment le poit. (Lalanne); xixes. dial. « battage des grains; la saison de les battre » 1846) (G. Sand, La Mare au diable, p. 33 : Je connais la terre ... les semences, la battaison, les fourrages); Lar. 19enote ,,on dit plutôt battage``. Dér. du rad. de battre*; suff. -aison* (lat. -ationem > -oison, -aison); la forme a. fr. batison est plutôt un traitement dial. (palatalisation de e > i devant z, cf. Pope, § 422) qu'un dér. par le suff. -itionem qui, régulièrement, sert à former des dér. de verbes de la 2econjug. (G. Cohen, Die Suffixwandlungen im Vulgärlatein und vorliterarischen Französisch; Halle, 1891, p. 132; Meyer-Lübke, p. 89).