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BRUGNON, subst. masc.
Variété de pêche à peau lisse, à noyau adhérent, de belle couleur rouge et dorée, dont la saveur rappelle la prune :
Il apporte un panier de brugnons, tièdes encore de soleil, et que sa mère envoie à MmeJoigneau. Le vent de la course a mis en désordre ses beaux cheveux clairs et séché la sueur sur son visage animé, qui a la couleur des brugnons. R. Martin du Gard, Vieille France,1933, p. 1094.
Rem. Les dict. gén. dep. Littré enregistrent le subst. masc. brugnonier. Pêcher qui produit des brugnons.
PRONONC. ET ORTH. : [bʀyɳ ɔ ̃]. Lar. 19e: ,,On dit aussi brignon dans plusieurs départements.`` Cf. aussi Nouv. Lar. ill. et DG : ,,Rich. 1680 donne brugnon et brignon, mais fait remarquer que le grand et bel usage est pour brugnon.``
ÉTYMOL. ET HIST. − 1600 brignon (O. de Serres, Théâtre d'Agriculture, VI, 26, éd. de 1605 dans Hug.); 1680 brugnon (Rich.). Empr. à l'a. prov. brinhó « id. », attest. dep. le xves. (Comptes de 1459-60 dans Comptes consulaires de Montagnac, p. 159 ro, d'apr. J. Ducamin dans A. Midi, t. 18, p. 204), dér. du lat. vulg. *prūnea pour prūna « prune ». J. Brüch dans Z. rom. Philol. (v. bbg.), explique le passage de pr- à br- par une très anc. forme lat. *brūnum, mais cette hyp. n'est pas fondée historiquement. La forme brugnon s'explique prob. par l'infl. de brun* (v. FEW t. 9, s.v. *prūnea). L'hyp. d'un empr. à l'esp. (Rupp., p. 107) est à rejeter : briñon n'est attesté en esp. que dep. 1884 et est empr. au prov. ou au fr. (v. Cor. t. 1, s.v.). V. aussi Jud. dans Z. rom. Philol. t. 38, pp. 49-50.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 19.
BBG. − Brüch (J.). Zu Meyer-Lübkes etymologischen Wörterbuch. Z. rom. Philol. 1920, t. 40, pp. 320-321. − Rupp. 1915, p. 107.