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BOURBIER, subst. masc.
A.− Lieu en creux dont le sol est recouvert de bourbe. S'engager, entrer, tomber dans un bourbier :
1. Les chemins d'alors n'étaient pas ferrés et unis comme ceux de maintenant : des bourbiers où l'on enfonçait jusqu'au moyeu et des pointes de rochers à s'y rompre le col. Pourrat, Gaspard des montagnes,Le Château des sept portes, 1922, p. 160.
2. ... le cimetière était situé au bas d'une assez forte pente, de sorte qu'aux jours de grandes pluies ce n'était plus qu'un bourbier, ... Ambrière, Les Grandes vacances,1946, p. 176.
B.− P. métaph. ou au fig.
1. Rare. [P. réf. au sens étymol. de boue chaude; cf. bourbe] :
3. Des supérieurs ont-ils pu sans remords, par simple mesure administrative, vous arracher du séminaire et vous jeter ici en plein bourbier? Encore est-il des bourbiers tranquilles et comme en sommeil. La vase de celui-ci paraît diablement active, au contraire, depuis quelque temps. Bernanos, Monsieur Ouine,1943, p. 1465.
2. Usuel
Situation infâme, infamie, abjection :
4. La parole de l'Évangile : Heureux les pauvres d'esprit, était la plus effroyable fausseté, qui, pendant des siècles, avait maintenu l'humanité dans le bourbier de misère et de servitude. Zola, Vérité,1902, p. 192.
[Cf. embourbé] Situation difficile, sans issue. Synon. mauvais pas, pétrin (fam.).Sortir du bourbier (R. Rolland, Jean-Christophe,La révolte, 1907, p. 397):
5. − J'ai mal conduit toute ma vie, répéta-t-il plusieurs fois; je suis dans un bourbier sans issue. Stendhal, Lucien Leuwen,t. 3, 1836, p. 57.
Prononc. : [buʀbje]. Pour Littré, ,,l'r ne se lie jamais; au pl. l's se lie : des bour-biéz empestés``. Enq. : /buʀbje/.
Étymol. ET HIST. − 1223 (G. de Coincy, Mir. Vierge, 464, 94 dans T.-L.); 1680 fig. (Rich. : Petit danger, affaire fâcheuse). Dér. de bourbe*; suff. -ier*.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 102.