× Annonce

Chers usagers du portail lexical du CNRTL,

Après vingt ans de bons et loyaux services, la version actuelle du portail sera prochainement remplacée par une nouvelle version au 1er juillet 2026. Cette nouvelle version apporte une refonte complète de l'interface adaptée à tous les supports (ordinateurs, tablettes, smartphones) et inclut également de nouvelles ressources.

Vous pouvez d'ores et déjà vous familiariser avec la nouvelle version ici : Portail lexical

En vous remerciant,

L'équipe du CNRTL
Police de caractères:

Surligner les objets textuels
Colorer les objets :
 
 
 
 
 
 

Entrez une forme

options d'affichagecatégorie :
BLASPHÈME, subst. masc.
Parole, discours outrageant à l'égard de la divinité, de la religion, de tout ce qui est considéré comme sacré. Il n'y est question de Dieu dans les anecdotes de Chamfort que dans de froids blasphèmes (Green, Journal,1943, p. 76):
1. Oh! La révolte qui s'épuise d'elle-même en injures, en blasphèmes, cela n'est rien, peut-être?... La haine de Dieu me fait toujours penser à la possession. Bernanos, Journal d'un curé de campagne,1936, p. 1105.
P. ext. Parole, propos, acte injuste, injurieux, indécent contre une personne ou une chose considérée comme respectable :
2. Je vais proférer un blasphème. J'aime sans doute, dans les frises du Parthénon, la naïveté du dessin, la sérénité de l'ensemble et une certaine science du groupement; mais j'ai beau faire, je vois que tout est simplifié à l'excès, ... Lemaitre, Les Contemporains,1885, p. 143.
3. − Fais c'que j'te dis... Je ne suis pas assez sérieux pour qu'on m'appelle mon oncle... Ça me fait l'effet d'un blasphème... Tout le monde m'appelle Édouard... Gyp, Souvenirs d'une petite fille,1928, p. 259.
Rem. Autrefois blasphème s'employait pour « blasphémateur » (cf. Nouv. Lar. ill.) et pour « blasphématoire » (DG).
Prononc. : [blasfεm]. Durée longue sur la dernière syll. dans Passy 1914 et Barbeau-Rodhe 1930 (cf. aussi les dict. hist. de Fér. 1768 à DG). À ce sujet, cf. Buben 1935, § 45 : ,,Il n'y a et il ne devrait y avoir aucune différence phonétique entre jette-achète, nette-discrète, cruelle-fidèle, etc. parce que l'e est également bref dans les deux cas. Et pourtant beaucoup d'étrangers, ceux surtout qui parlent une langue où le redoublement de la consonne marque la brièveté de la voyelle précédente, prolongent volontiers, par contre-coup, l'e ouvert qui porte l'accent grave et introduisent ainsi une différence de quantité entre les deux séries de mots. Ils s'y croient autorisés par le fait que l'accent grave peut vraiment être considéré comme un signe de longueur dans les mots savants d'origine latine et grecque qui, même dans la prononciation française, conservent la quantité étymologique, comme par exemple carène, cène, hyène, hygiène, obscène, scène, blasphème, stratagème, (...) éphèbe, règle, (...) cf. aussi il hèle [ε:l] dérivé de l'anglais hail.``
Étymol. ET HIST. − Fin xiies. « parole qui outrage la divinité » (Serm. de S. Bern., 117, 20 dans Gdf. Compl.). Empr. au lat. chrét. blasphemia « id. » (Itala, I, Macc., 2, 6 dans TLL s.v., 2043, 30).
STAT. − Fréq. abs. littér. : 588. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 847, b) 738; xxes. : a) 1 130, b) 701.
BBG. − Barb. Misc. 1 1925-28, p. 31.