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BEY, subst. masc.
HISTOIRE
A.− [Dans l'anc. Empire ottoman] Gouverneur d'une ville, d'une province; officier supérieur, haut fonctionnaire, gros propriétaire :
1. ... il [Bonaparte] fait avertir par la mer Rouge les gouverneurs de l'île de France et de l'île de Bourbon; il envoie ses salutations au sultan du Maroc et au bey de Tripoli; ... Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe,t. 2, 1848, p. 363.
2. Ce fut Mehmed Djaleddin pacha qui entra. Piali bey le conduisait, lui prodiguant révérence sur révérence. Farrère, L'Homme qui assassina,1907, p. 187.
B.− [Jusqu'en 1956] Souverain de Tunisie. Le Bey de Tunis (Ac.1835-1932).
Prononc. et Orth. : [bε]. Autre forme beg (Gobineau, Nouvelles asiatiques, 1876, p. 183). Homon. : bai, baie. Étymol. et Hist. 1423 Mourart-Bay nom propre ( Œuvres de Ghillebert de Lannoy ... recueillies et publiées par Ch. Potvin [...] Louvain, 1878, p. 66 cité par Arveiller dans Z. rom. Philol., t. 87, 1971, p. 527); 1519 Armadabey « id. » ([T. Spandugino] la généalogie du grand Turc a presant regnant, Paris, G iii ro, ibid.); 1532 bey (Charrière, Relations du Levant I, 237, cité par Arveiller dans Mél. Dauzat, p. 24 : le grant interprète du Turcq, nommé Janus-bey, est en ceste ville venu ambassadeur dudit Turcq); 1554 bey empl. comme terme fr. autonome (Lettre de M. de Codignac, Nég. Lev., t. 2, p. 317 n dans Arv., loc. cit. : afin d'appeller à eux tous les sanjacques beys, gouverneurs des-dits confins). Empr. au turc beg « seigneur » (Lok.), FEW t. 19, p. 34a). Fréq. abs. littér. : 85.
BBG. − Arveiller (R.). Mots orientaux, notes lexicol. In : [Mél. Dauzat (A.)]. Paris, 1951, p. 24. − Boulan 1934, p. 182.