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BÉTEL, subst. masc.
BOT. Poivrier grimpant cultivé en Inde et en Extrême-Orient. La plante sarmenteuse du bétel (Bernardin de Saint-Pierre, Harmonies de la nature,1814, p. 74);essence, noix de bétel (Nouv. Lar. ill., Lar. encyclop.). P. ext. Masticatoire tonique et astringent, à base de feuilles de bétel et de noix d'arec, dont on fait usage en Asie tropicale et en Mélanésie. Mâcher du bétel (Ac. 1835-1932).
Prononc. et Orth. : [betεl]. Orth. béthel (Senancour, Rêveries, 1799, p. 84; Chateaubriand, Les Natchez, 1826, p. 155). Étymol. et Hist. 1. 1515 beteille « masticatoire tonique et astringent composé essentiellement de feuilles d'une espèce de poivrier » (M. du Redouer, S'ensuyt le Nouveau monde et nauigations [...], translate de Italien en Langue françoise, fo48 rodans Arv., p. 92 : Tout le iour aussi bien les hommes comme les femmes mangent d'une fueille qui s'appelle Beteille, laquelle faict la bouche vermeille et les dens noires); 2. 1572 betel (Commentaires de M. Pierre André Matthiole, traduits du latin par Jean Des Moulins, pp. 34-35, ibid., p. 94); 3. 1575 betel (A. Thevet, La Cosmographie universelle, I, fo395 vo, ibid. : Il y a aussi [à Calicut] de toutes senteurs, et mille sortes de Simples, tels que sont Rheubarbe, l'Agaric, le Storax, Myrrhe, Aloës, fueille Indique, qu'ils nomment Betel [en it. dans l'éd.], et choses pareilles). I est empr. au port. par l'intermédiaire de textes ital., 2 par l'intermédiaire d'un texte lat.; 3 est empr. directement au port. betel « id. », attesté dep. 1500 (sous la forme betele, Navegação de P.A. Cabral, cap. 12 dans Dalg.), et empr. au malayalam vettila « id. » (FEW t. 20 s.v., König, p. 31, Dauzat 1968, Bl.-W.5) composé de veru « simples » et ila « feuille » (Dalg. et Mach., s.v. betel). Fréq. abs. littér. : 18.
BBG. − Arv. 1963, pp. 91-100. − König 1939, p. 31.