× Annonce

Chers usagers du portail lexical du CNRTL,

Après vingt ans de bons et loyaux services, la version actuelle du portail sera prochainement remplacée par une nouvelle version au 1er juillet 2026. Cette nouvelle version apporte une refonte complète de l'interface adaptée à tous les supports (ordinateurs, tablettes, smartphones) et inclut également de nouvelles ressources.

Vous pouvez d'ores et déjà vous familiariser avec la nouvelle version ici : Portail lexical

En vous remerciant,

L'équipe du CNRTL
Police de caractères:

Surligner les objets textuels
Colorer les objets :
 
 
 
 
 
 

Entrez une forme

options d'affichagecatégorie :
BENOÎT, OÎTE, adj. et subst.
I.− Adjectif
A.−
1. Vx. Béni, saint, bienheureux. La benoîte Vierge Marie :
1. Ce fut alors un grand soulagement pour l'âme d'Esterhazy, et du haut du ciel, saint Dominique fit connaître à ceux de sa rue qu'il était content de son benoît fils Henri Brisson! Clemenceau, L'Iniquité,1899, p. 493.
Rem. Un emploi subst. dans Loti, Ramuntcho, 1897, p. 116 et 243; cf. aussi Rob.
2. Spéc. ALCHIM. La benoîte pierre ou, p. ell., la benoîte. La pierre philosophale (cf. Besch. 1845, Lar. 19e-20e).
3. Iron. Dévot. Un benoît personnage (Ac. Compl. 1842, Besch. 1845); un air benoît (Littré, Guérin 1892).
Péj. [En parlant du lang.] Niais :
2. ... toutes ces phrases benoîtes, tous ces charitables paradoxes ne sont que des prétextes à lâchetés, des couleurs pour colorer de honteuses complaisances pour ces hommes, dont Renan et tutti quanti ont peur. E. et J. de Goncourt, Journal,1881, p. 114.
Arg. (des canuts). ,,Imbécile, benêt`` (France 1907).
B.− P. ext. et iron.
1. [En parlant d'une pers. ou de son comportement] Comblé, satisfait :
3. Le regard toujours un peu vague de l'illustre maître tomba de haut sur son benoît quémandeur, et l'effleura sans se poser. Bernanos, Sous le soleil de Satan,1926, p. 284.
2. [En parlant d'un inanimé concr.] Calme, tranquille. Ensommeillement benoît (cf. affalement ex. 1) :
4. Un dîner succulent, dans le commencement de la benoîte digestion duquel, à l'instar des trois mots du festin de Balthasar, éclate la gueulée de la Marseillaise d'un café des Champs-Élysées, ... E. et J. de Goncourt, Journal,1885, p. 460.
5. Non, mon doux Ambroise, de ce voyage, rien de ce que tu crois. Pas de béguines somnolentes penchées sur l'eau benoîte des canaux; ... Gide, Correspondance[avec Valéry], 1891, p. 114.
II.− Subst., arg. Souteneur :
6. ... La vrai'vérité c'est qu'les Benoits toujours lichent Et s'graissent les balots [= les testicules]. J. Richepin, La Chanson des gueux,1876(France 1907).
PRONONC. : [bənwa], fém. [bənwat]. Dub. transcrit [bənwɑ], fém. [bənwɑt].
ÉTYMOL. ET HIST. A.− 1. Ca 1130 beneeite (Couronnement de Louis, éd. E. Langlois, 27 : Quant la chapele fu beneeite); 1172-75 benëoit « sur qui a été répandue la bénédiction divine, bienheureux » (Chr. de Troyes, Chevalier Lion, 2380 dans T.-L. : benëoiz Soit mes sire Gauvains); ca 1190 « qui a été consacré par des cérémonies rituelles » ewe benëeite (M. de France, Purgatoire, 469, ibid.); 1150-1200 pain benëoit (Aliscans dans Bartsch, Chiertomathie, 19, 227), devenu iron. 1546 (Rabelais, Tiers Livre, éd. Marty-Laveaux, chap. 32, t. 2, p. 159 : et vous ayme tout mon benoist saoul), qualifié de ,,vieux`` dep. Rich. 1680; 2. 1838 (Ac. Compl. 1842 : Benoît [...] Dévot). B.− 1876 subst. arg. « souteneur », supra ex. 6. Issu du lat. benedĭctu part. passé de benedicere; v. bénitier et bénit, béni, s.v. bénir*; v. aussi benêt.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 25.
DÉR.
Benoîtement, adv.,péj. Avec un air benoît, doucereux et calme. Un aspic qui se chauffait à l'aise, benoîtement lové au soleil (Genevoix, Raboliot,1925, p. 91). [bənwatmɑ ̃]. 1reattest. xives. beneoitement ,,D'une manière bénie, heureuse`` (Légende dorée, Maz. 1333, fo93a dans Gdf.), attest. isolée; 1823 benoîtement ,,D'une manière béate`` (Las Cases, Le Mémorial de Sainte-Hélène, t. 2, 1823, p. 49); dér. du fém. de benoît, suff. -ment2*. Fréq. abs. littér. : 15.
BBG. − Tagliavini (C.). Les Saints du mois. Vie Lang. 1953, pp. 183-184.