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BÉDÉGAR, subst masc.
BOT. Excroissance spongieuse et chevelue visible sur les églantiers, les rosiers et provoquée par le développement de la larve d'un hyménoptère cynipide. Synon. galle en « pelote à épingles » (Séguy 1967) :
Si je trouvais sur les pentes, hors des limites du Parc, des bédégars bien moussus, je posais sur la couverture d'Antoinette ces tumeurs de l'églantier... Colette, Chambre d'hôtel,1940, p. 52.
Rem. Attesté dans la plupart des dict. gén. du xixeet du xxes., à partir de Ac. 1835.
Prononc. et Orth. : [bedega:ʀ]. Ac. 1835 donne la forme bédegar. Cf. aussi Nod. 1844, DG (qui transcrit : béd'-gār dans le lang. cour.; à ce sujet cf. encore Fél. 1851 : bedgaʀ), Rob., Pt Rob. et Pt Lar. 1968. Gattel 1841, Besch. 1845 donnent bédégar. Lar. 19eadmet bédégar ou bédéguar. Cf. aussi Guérin 1892, Nouv. Lar. ill., Lar. 20e, Lar. encyclop. et Quillet 1965. Littré enregistre parallèlement bédegar ou bédeguar (il transcrit cette dernière forme : bé-de-gouar). DG mentionne à titre hist. la forme bedeguar. Étymol. et Hist. 1. a) xiiies. bot. « églantier » (Livr. Simpl., 33 dans Z. rom. Philol., t. 85, p. 130 : Bedegar c'est esglenciers, et est froiz el premier degré) − Ac. 1762; b) xves. id. « épine blanche » (G. Herb., 41, ibid. : Bedegar, c'est espine blanche), bedegua dans Trév. 1752 et 71; 2. xves. « excroissance spongieuse produite sur les rosiers et les églantiers par le cypnis de la rose » (G. Herb., 41 dans Z. rom. Philol., t. 85, p. 131 : Aucuns dient que bedegard est une superfluité qui croist sur le fust du rosier, mais c'est faulx); 1751 bedeguar (Encyclop. t. 2). Empr. à l'arabo-persan bāḏāwärd (lui-même composé du persan bād « vent, souffle », et de l'ar. ward « rose », Lok.), par l'intermédiaire du lat. médiév. attesté au sens 1, 1076-87 (Constantinus Africanus, Grad., p. 352, 22 dans Mittellat. W. s.v., 1405, 40 : bedigar) au sens 2, viiie-xies. (Glossae, éd. Steinmeyer et Sievers, III, 537, 8, ibid., 1405, 53 : bedegar).
BBG. − Lammens 1890, p. 48.