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BARRIR, verbe intrans.
A.− ZOOL. [En parlant de l'éléphant et du rhinocéros] Pousser le cri propre à leur espèce :
1. Puis Dieu, (...), fit miauler, hennir, barrir et trompeter. Tous les cris des animaux les plus bruyants, celui de l'hippopotame, du chat, de l'onagre, et des cris inconnus qui devaient être ceux de la girafe ou du yack, m'accueillaient, mais ils partaient du sommet des arbres. Giraudoux, Suzanne et le Pacifique,1921, p. 101.
B.− P. anal. [En parlant d'une pers.] Pousser des cris, des exclamations en signe de mécontentement, de protestation ou d'exaltation, d'approbation, etc. :
2. ... son plaisir était sans bornes, quand Christophe, emporté par la passion bien au delà de sa pensée, énonçait des paradoxes monstrueux, qui faisaient barrir l'auditoire. R. Rolland, Jean-Christophe,La Révolte, 1907, p. 412.
Rem. On rencontre dans les dict. les synon. a) Baréter (de baret, synon. de barrit). L'éléphant barète aussitôt qu'il est contrarié (Lar. 19e, Nouv. Lar. ill.). b) Barrisser (Besch. 1845, Nouv. Lar. ill. et Quillet 1965). c) Barron(n)er (Besch. 1845, Lar. 19eet Nouv. Lar. ill.).
Prononc. : [baʀi:ʀ].
Étymol. ET HIST. − 1546 (Rabelais, Tiers-Livre, 13 dans Hug. : Au tour de luy ... barrient les elephans). Empr. au lat. barrire « pousser un barrissement » attesté à la fin du Iers. début iies. (Suétone, frg. p. 250 dans TLL s.v., 1756, 69) dér. de barrus (Horace, Epodes, 12, 1, ibid., 1757, 44), terme d'orig. indienne désignant l'éléphant (Ern.-Meillet) en concurrence avec elephantus (éléphant*) d'emploi plus anc., d'orig. africaine.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 12.