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ARRIÈRE-PENSÉE, subst. fém.
Souvent péj. Pensée, intention que l'on dissimule, différente de celle que l'on exprime et qui cependant peut se laisser entrevoir ou soupçonner :
1. Sa parole devenait plus vive, brutale parfois; et il semblait même qu'il avait une arrière-pensée contre sa femme, car il lui répondait par moments avec dureté, presque avec colère. Maupassant, Contes et nouvelles,t. 1, Histoire d'une fille de ferme, 1881, p. 38.
2. Même dans ses actes les plus généreux en apparence et par où il se montre le plus obligeant envers autrui, je sens l'arrière-pensée de faire d'autrui son obligé. Gide, L'École des femmes,1929, p. 1283.
3. ... son malheur, que je m'exagérais, mettait sur mes joies une arrière-pensée de retenue secrète, et sur les pensées moins chastes qui me venaient comme l'interdit d'un sacrilège; ... Gracq, Le Rivage des Syrtes,1951, p. 57.
Spéc., sans valeur péj. :
4. La guerre était devenue une arrière-pensée constante. Green, Journal,1942, p. 190.
PRONONC. : [aʀjε ʀpɑ ̃se]. Passy 1914 note une durée mi-longue pour la 3esyllabe du mot.
ÉTYMOL. ET HIST. − 1587 (De La Noue, Discours politiques et militaires, discours 26eds Dict. hist. Ac. fr. : Ceux de la religion exciteront l'indignation et la haine du Roy [Charle IX] contr'eux [les huguenots], parce qu'à leur occasion il fut contraint de se retirer à Paris avec frayeur et vitesse, si bien que depuis il leur garda tousjours une arrière-pensée); 1736 (Destouches, Le Dissipateur, V, 9, ibid. : Les femmes ont toujours quelque arrière-pensée). Composé de arrière-* et de pensée*.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 409. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 353, b) 365; xxes. : a) 614, b) 872.
BBG. − Bruant 1901.