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APOCOPE, subst. fém.
A.− LING. ,,Coupure qui affecte la finale d'un mot, soit par chute phonétique d'un élément, soit par abrègement arbitraire.`` (Mar. Lex. 1951) :
1. Negoti, pour Negotii, est une apocope. Les poëtes français usent quelquefois de l'apocope; ils écrivent, par exemple, Londre pour Londres, je voi pour je vois, encor pour encore, etc. On dit par apocope, Grand'messe, grand-mère, au lieu de Grande messe, grande-mère. Ac.1835.
2. Apocope, Chiasme, Parangon, cent autres Cafres impénétrables et distants surgissaient au détour d'une page et leur seule apparition disloquait tout le paragraphe. Ces mots durs et noirs, je n'en ai connu le sens que dix ou quinze ans plus tard et, même aujourd'hui, ils gardent leur opacité : c'est l'humus de ma mémoire. Sartre, Les Mots,1964, p. 38.
P. anal., MUS. :
3. La suppression (...) est dite apocope, quand elle supprime des notes finales. Bénédictins de Solesmes, Paléogr. musicale,t. 3, 1889, p. 65.
B.− CHIR., vx. Amputation ou fracture avec perte d'une partie de l'os (cf. Méd. Biol. t. 1 1970).
Rem. Attesté ds la plupart des dict. gén. ainsi que ds Quillet 1965.
PRONONC. : [apɔkɔp].
ÉTYMOL. ET HIST. − 1521 (P. Fabri, L'Art de Rhetorique, L. II, p. 131 ds Hug. : Apocope, c'est figure assez communement practiquee en nostre vulgaire; et se faict quant l'en ne profere point aulcunes lettres de la derniere syllabe, sans synalimpher). Empr. du gr. α ̓ π ο κ ο π η ́ terme de gramm. « suppression de lettres ou de syllabes à la fin d'un mot » (Aristote, Poétique, 22, 8 ds Bailly).
STAT. − Fréq. abs. littér. : 5.
BBG. − Bach.-Dez. 1882. − Bouillet 1859. − Gall. 1955, p. 276; pp. 317-318. − Garnier-Del. 1961 [1958]. − Gramm. t. 1 1789. − Littré-Robin 1865. − Mar. Lex. 1933. − Mar. Lex. 1961 [1951]. − Méd. Biol. t. 1 1970. − Morier 1961. − Mots rares 1965. − Nysten 1824. − Springh. 1962.