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AMATIR, verbe trans.
Rendre mat.
MONNAIE. Amatir des pièces. En blanchir le flan, c'est-à-dire le disque de métal ou d'alliage destiné à recevoir la frappe.
ORFÈVR. Amatir l'or, l'argent. Le rendre mat en lui ôtant son poli.
Prononc. : [amati:ʀ].
Étymol. ET HIST. − 1. a) 1170 « abattre, vaincre » (Li Quatre livre des reis, VII, éd. Ernst Robert Curtius, p. 15, 1. 13 : La force Deu amatid les Philistiens tuz les jurs Samuel). − 1838 (Ac. Compl. 1842 : Amatir [v. lang.]. Devenir lourd, flasque. Assomer, frapper à mort); b) 1170-1180 part. passé adj. « fatigué, abattu (physiquement) » (Lambert li tors et Alexandre de Bernay, Li Romans d'Alixandre, éd. H. Michelant ds T.-L. : Vus veiscies mervelles, ces barons amatis, De duel et de pesance tains et empalëis); c) 1202 « affliger, humilier » (Jean Bodel, Congé, Ars. 3142, fo228 ds Gdf. : Pitiez qui en moi se desploie Qui m'amatist et assouploie); d) 1332 trans. « faner, flétrir » (Jehan Acart de Hesdin, La Prise amoureuse, éd. E. Hœpffner, p. 31, vers 988 à 992 : C'est li tresors aus vrais amis Qu'Amours en sa garde y a mis, Et sont, pour tenir en valeur, gardées par moiste caleur Qui les maintient sans amatir); repris mil. xves. (Les Cent nouvelles nouvelles, c, Jacob ds Gdf. : Les jeunes et tendres fleurettes se seichent et amatissent, Quant aucun accident leur advient); ces différents emplois sont attestés jusqu'en 1611 (Cotgr. : Amati [...] Mated, amated, quayled, abated, allayed; also, enured, accustomed, trained up unto); 2. a) 1676 orfèvr. « rendre mat » (A. Félibien, Des Principes de l'architecture ..., p. 467 : Amatir [...] c'est oster le poli à l'or, ou à l'argent); b) 1751 (Encyclop. t. 1 : Amatir, terme de Monnoie, est l'opération de blanchir les flancs, en sorte que le métal soit mat et non poli). Dér. du verbe matir, attesté au sens 1 dep. 1160-1170 (Wace, Roman de Rou, 2ep., 2190, Andresen ds Gdf. : Le poacre a es piez malement est matiz), dér. de l'adj. mat*; préf. a-1*.
BBG. − Bél. 1957. − Boiss.8. − Jossier 1881. − Mots rares 1965. − Prév. 1755.