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ALCAZAR, subst. masc.
ARCHIT. Palais fortifié des rois maures d'Espagne :
1. Dans le haut du lugar ou pueblo, se dressent les murailles frustes d'un alcazar qui rappelle le château de La Calahorra, près de Guadix, en ce qu'il renferme, dans son enceinte de grosses pierres, une cour à double galerie d'arcades et à balustrade ouvragée, le tout en marbre blanc. A. T'Serstevens, L'Itinéraire espagnol,1933, p. 182.
P. ext. Nom donné à des établissements publics, en particulier aux cafés-concerts, décorés dans le style mauresque :
2. Quelquefois Sidi Tart'ri, sa dame en croupe, s'en allait sur une brave mule manger des grenades à un petit jardin qu'il avait acheté aux environs... Mais jamais, au grand jamais, il ne descendait dans la ville européenne. Avec ses zouaves en ribote, ses alcazars bourrés d'officiers, et son éternel bruit de sabres traînant sous les arcades, cet Alger-là lui semblait insupportable et laid comme un corps de garde d'Occident. A. Daudet, Tartarin de Tarascon,1872, p. 94.
Emploi adj., rare :
3. C'était un ensemble atterrant dans le style hyper-fouillasson, avec des crédences « alcazar »... On pouvait pas rêver plus tarte... L.-F. Céline, Mort à crédit,1936, p. 427.
Rem. Le terme désigne en outre une sorte de ,,génoise à la marmelade d'abricots``. (Ac. Gastr. 1962).
Prononc. : [alkaza:ʀ].
Étymol. ET HIST. − 1866 archit. (Lar. 19e: Alcazar [...] Par ext. On a donné ce nom à certains établissements publics dont les décorations rappellent l'ornementation arabe). Du nom des palais des rois maures (Alcazar de Séville, de Cordoue, etc.), mot esp. attesté dep. 1069 (d'apr. Cor.) et empr. à l'ar. al qasr « forteresse, palais », lui-même issu du lat. castrum « forteresse ».
STAT. − Fréq. abs. litt. : 29.
BBG. − Ac. Gastr. 1962. − Bél. 1957. − Georgiadès (P.). Du grec à l'arabe. Vie Lang. 1964, p. 128. − Mont. 1967.