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ABJECTEMENT, adv.
D'une manière abjecte :
Mais à propos de vertu, mon bon, sais-tu que ton livre est moral, très moral, abjectement honnête? G. Flaubert, Correspondance,1863, p. 99.
Rem. L'adv. apparaît dans cet ex. comme une expr. renouvelée, mais péj. et iron., du superl. absolu très.
Stylistique − Voir abject.
Prononc. : [abzʒ εtəmɑ ̃].
Étymol. − 1470 « d'une manière qui inspire le mépris » (Le Livre de la discipline d'amour divine, fo50b, éd. 1537 ds Rev. Et. Rabel. IX, 298 : On la traicte de faict villement et abjectement comme mauvaise et desloyalle pecheresse). Dér. de abject; suff. -ment*. HIST. − Entré dans la lang. à la fin du xves. (cf. étymol.), le mot se maintient aux xvieet xviies. (cf. 5 ex. ds Quem.) mais sans être attesté ds les dict. de l'époque : L'autre qui estoit né en si grande hautesse et magnificence est en un jour si abjectement oppressé. Gruget, Leçons de P. Messie, 1539, p. 265 (Quem.) Aux xixeet xxes., n'est recensé que par Littré, le DG − qui le note comme un néol. − et les dict. encyclop. contemp. (cf. art. sém.). Étant donné le petit nombre des attest., on peut se demander si cet adv. n'est pas chaque fois directement refait sur l'adj.
STAT. − Fréq. abs. litt. : 1.