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AVITAILLER, verbe.
I.− Emploi trans. dir., vieilli. Fournir à un navire, une place forte, un corps d'armée, ce qui est nécessaire à son bon état de fonctionnement (vivres, combustibles, etc.). Avitailler une flotte, une citadelle (Ac. 1835-78). Synon. plus usité ravitailler :
1. Nous avons atteint... une cité... vaste, peuplée, bien gardée de fossés, abondamment avitaillée où pullulaient les marchands, les arches, les prêtres, les tâcherons, les artisans et les gourgandines. A. Arnoux, Carnet de route du Juif Errant,1931, p. 251.
Rem. 1. Attesté ds la plupart des dict. gén. du xixeet xxes. à partir de Ac. 1798. 2. Autre synon. vieilli, empl. essentiellement en parlant des vaisseaux avituailler (Ac. 1798, Nouv. Lar. ill.).
P. métaph. Synon. pourvoir, nourrir :
2. Puberté, collège, solitude, prisons, aberrations, snobisme... Maigres pépinières, insuffisantes à engendrer et avitailler un vice nombreux, bien assis... Colette, Ces plaisirs,1932, p. 186.
II.− Emploi pronom.
A.− Réfl. Se pourvoir de vivres. Les pêcheurs français ,,peuvent (...) s'avitailler et s'abriter dans tous les ports`` (A. Boyer, Les Pêches mar.,1967, p. 88).
B.− Passif [rare]. Être approvisionné. Cette ville s'avitaille facilement (Besch.1845).
Rem. Attesté en outre ds Lar. 19e, Nouv. Lar. ill.
PRONONC. ET ORTH. : [avitaje] ou [avitɑje]. Même rem. que pour avitaillement*.
ÉTYMOL. ET HIST. − xiiies. (d'apr. DG) « pourvoir de nourriture et autres choses nécessaires » (Chron. de S. Den. B.N. 2813 fo483bds Gdf. compl. : Pour tout avitailler le lien si que ilz le peussent tenir contre le roi); 1386 spécialisé comme terme de mar. (S. de La Nicolliere-Teijeiro, La Marine bretonne au XVeet au XVIes., Nantes, 1885, p. 10 ds Jal2: pour fréter, avitailler et gouverner ledit vaissel). Dér. de l'a. fr. vitaille « vivres » (xiies., Chevalerie Vivien ds Gdf.), v. victuaille; préf. a-1*, dés. -er; est aussi dér. de vitaille le m. fr. vitailler « fournir de provisions, ravitailler » (ibid.).
STAT. − Fréq. abs. littér. : 1.
BBG. − Jal 1848. − Sauvageot (A.). Coup d'œil sur qq. néol. Vie Lang. 1971, p. 89.