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APHONIE, subst. fém.
Perte de la voix consécutive à une paralysie, une lésion ou une inhibition des organes de l'appareil phonatoire :
1. − « Les cordes vocales? » − « En piteux état! Vous entendez ma voix. Et encore, ce soir, grâce aux soins que j'ai pris toute la journée, je peux parler. Bien souvent, c'est l'aphonie complète. » − « Lésions inflammatoires des cordes? » − « Non. » − « Lésions nerveuses? » − « Non plus. C'est la superposition des bandes ventriculaires tuméfiées qui produit l'aphonie. » − « Évidemment, ça doit empêcher toute vibration. » R. Martin du Gard, Les Thibault,Épilogue, 1940, p. 887.
2. Une jeune fille à qui sa mère a interdit de revoir le jeune homme qu'elle aime, perd le sommeil, l'appétit et finalement l'usage de la parole. Au cours de l'enfance, on trouve une première manifestation d'aphonie à la suite d'un tremblement de terre, puis un retour à l'aphonie à la suite d'une peur violente. Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception,1945, p. 187.
Rem. Dans l'aphonie la faculté d'articuler reste intacte, contrairement à la mutité qui est une incapacité d'articuler.
Vx. (État d') absence de l'usage de la parole :
3. Les langues ont commencé; mais la parole jamais, et pas même avec l'homme. L'un a nécessairement précédé l'autre; car la parole n'est possible que par le verbe. Toute langue particulière naît comme l'animal, par voie d'explosion et de développement, sans que l'homme ait jamais passé de l'état d'aphonie à l'usage de la parole. Toujours il a parlé, et c'est avec une sublime raison que les Hébreux l'ont appelé âme parlante. J. de Maistre, Les Soirées de Saint-Pétersbourg, t. 1, 1821, p. 132.
Rem. Ex. unique. Aphonie est en it. dans le texte.
P. ext. Absence de bruit :
4. Il n'est sorti de la mer qu'une aurore ébauchée et sans sourire. La transformation des ténèbres en lumière, avec ses changeantes merveilles, son aphonie et sa mélodie, ses étoiles éteintes tour à tour dans l'or et les roses du matin, ne s'est point opérée. Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe,t. 4, 1848, p. 403.
PRONONC. : [afɔni].
ÉTYMOL. ET HIST. − 1617 aphonie (Habicot d'apr. R. Chauvelot, Étude sur le vocab. fr. du XVIIes. ds Presse Méd., 26 août 1950, t. 58); 1752 (Trév. : Aphonie. Extinction de voix qui arrive aux malades par le vice des organes destinés à cette fonction). Empr. au gr. α ̓ φ ω ν ι ́ α « impuissance à parler, aphonie », Hippocrate, Epid., 3, 1098 ds Bailly.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 22.
BBG. − Bonv. 1969. − Bouillet 1859. − Chevallier 1970. − Garnier-Del. 1961 [1958]. − Lar. méd. 1970. − Littré-Robin 1865. − Méd. 1966. − Méd. Biol. t. 1 1970. − Nysten 1824. − Pomm. 1969. − Privat-Foc. 1870. − Quillet Méd. 1965. − Rheims 1969.